‹ La république de 1848 [microforme]Chapitre 4 sur 4 · C8 LA RÉPUBLIQUE DE · texte numérisé non relu

C8 LA RÉPUBLIQUE DE

betta et de Jules Favre qui réclamèront eux aussi de détails, des informations, surtout la __ de Bismarck. |

Thiers fut: grand, héroïque dans: cette séibie époque ; durant vingt et quelques mois, il remplit les fonctions de premier magistrat de son pays, porta un plus lourds fardeaux que: connaisse: l’histoire contemporaine, travailla à doter la France d’une nouvelle constitution, réussit à acquitter l’indemnité de la guerre, à.libérer le territoire français, à ancrer les institutions démocratiques et républicaines dans le sol de sa patrie.

Emile Zevord, dans le bel ouvrage qu'il a publié sur le désastre de 1870, l'appelle avec raison le fondateur de la troisième République.

Une coalition des partis monarchiques et d’un groupe de républicains conservateurs réussit à le renverser du pouvoir en 1873, mais elle ne réussit pas à renverser son œuvre.

Thiers a eu raison de s’écrier quelque temps avant sa chute, devant l’Assemblée Nationale : ‘Je jure devant vous, devant Dieu, que j'ai servi deux ans mon pays avec un dévouement sans bornes.”

Le vieux patriote mourut en 1877 à l’âge de quatre-vingt ans, après avoir fourni l’une des plus belles, des plus longues et des plus fructueuses carrières politiques de la France.

Quelques semaines avant de s’éteindre, il travail-

lait encore tous les jours avec Gambetta pour le salut et la consolidation de cette République à laquelle il avait donné tout son cœur, toute sa vie.

‘La nouvelle de sa mort causa des regrets immenses, un deuil national, et on estime À un million d'hommes l'énorme multitude qui escorta ses restes à son tombeau du Père Lachaise.

Thiers fut le Grand Vieillard de son temps et je ne crois pas que le “ Grand Old Man” d'Hawaarden puisse jamais: s’élever dans l’histoire et dans la gloire aussi haut que ce vaillant Français dont la vie et les œuvres politiques ne sont pas assez connues dans notre province. R

Napoléon III qui avait commencé sa carrière d’empereur au bruit de la fusillade et dans le sang, l’a finie de même, avec, en plus, l’ignominie et le déshonneur.

Les empereurs romains tombés le plus bas, dit un Curoniqueur, ne commirent pas l'ombre des hontes de Sédan et de Metz.

Napoléon régna de 16852 à 1870 sans honneur pour la France, sans bons résultats pour son peuple et sans gloire pour l'Empire.

Sou dernier acte fut la capitulation de Sedan où il livra aux allemands 84,000 soldats, 39 généraux, 2, 095 officiers, 400 pièces de campagne, 66, 000

fusils, 10,000 chevaux, 30,000 quintaux de poudre, etc. Il dut alors s’enfouir dans le château de Wi:hemshoehe où l’inexorable remords a dû ronger, durant les visions d’indescriptibles désastres, le pru d'âme qui lui restait. |

Il est mort à Chislehurst, en Angleterre, lé 9 janvier 1873. Durant ses deux années d’exil, il n’a rien dit ni rien fait, n’a accusé personne, n’a exprimé aucun regret, ni formulé aucun espoir : il semblerait avoir employé le temps à maudire intérieurement le /atum.

Son nom restera dans l’histoire accolé à celui de Bazaine.

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Si leur oraison funèbre vous intéresse, vous la |grani trouverez terrible dans cette proclamation que ER Gambetta lançait aux Français à la nouvelle du |tère n désastre ment

« Français : Elevez vos âmes et vos résolutions à | l’hérc hauteur des effroyables périls qui fondent sur la | dans patrie. Il dépend encore de nous de lasser la mau- | mois, vaise fortune et de montrer à l'univers ce qu'est | sinist un grand peuple ani n° veut pas périr et dont | décet courage s’exalte ‘éme des catastrophes. «A

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Un général su: qui la France comptait, même | décid après le Mexique, vient d’enlrver à la patrie en | deho danger plus de 100,000 de ses ‘lenseurs. mail

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« Il s’est fait l’agent de l’homme de Sédan, le complice de l’envahisseur et, au mépris de l’honneur de l’armée dont il avait la garde, il a livré, sans même éssayer un, suprême effort, 120,000 combattants, 20,000 blessés, ses fusils, ses armes, ses drapeaux et la plus forte citadelle de la.France, Metz, vierge jusqu'à lui des souillures de l'étranger.

‘ Un tel crime est au-dessous même des châtiments de la justice.

Et maintenant, Français, mesurez la profondeur de l’abîme où vous a précipités l’Empire.

4 Vingt ans l& France a subi ce pouvoir corrupteur qui tarissait en elle toutes les sources de la grandeur et de ia vie.

‘4 L'armée de la France, dépouillée de son caractère national, devenue, sans le savoir, un instru ment de règne et de servitude, est engloutie, malgré l’héroïsme des soldats, par la trahison des chefs, dans les désastres de la patrie. En moins de deux mois, 225,000 hommes ont été livrés à l'ennemi, sinistre épilogue du coup de main militaire de décembre.

‘ Il est temps de nous ressaisir, Citoyens, et sous l'égide de la République, que nous nous sommes décidés à ne laisser capituler ni au dedans ni au dehors, de puiser, dans l'extrémité même de nos malheurs, le rajeunissement de notre moralité et de notre virilité politique et sociale.”

LA RÉPUBLIQUE DE 1848 à

La République de 1848, œuvre de Lamartine, est aujourd'hui vengée a la République de 1870, œuvre de Thiers,

La serhence de libéralisme et de progrès jetée par les hommes de 1848 a poussé en terre généreuse,

Aujourd’hui le président est élu par les chambres comme le voulait Jules Grévy, la France est gouvernée par deux chambres, tel que le voulaient Thiers et Odilon Barrot. La constitution de 1875, une des meilleures et une des plus belles constitutions du monde, denne aux Français les droits et les bienfaisantes libertés qui ont fait le fond des révolutions de 1789 et de 1848,

de la démocratie, sous la poussée d’un gouvernement actif et intelligent, avec le concours de ses meïlleurs talents et de ses plus fermes consciences, la France s’est relevée du terrible effondrement de Sédan. Elle a rétabli l’ordre dans ses finances, elle a étendu ses possessions coloniales, elle a relevé de beaucoup le prestige et la force de son armée, eile a proclamé l'égalité de tous devant l’impôt du

tuite et obligatoire, elle à établi la liberté de la presse et par une po'itique prudente, éclairée, par

Et depuis 1875,sousl’égidéde cettenouvellecharte |

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a apportée à l'œuvre de sa régénération, la France a reconquis sa position dans le monde politique européen.

Son alliance avec Ja Russie est le succès diplomatique du siècle et démontre bien ce que peut faire la vitalité française,

Maintenant, dans la pleine corscience de sa force et de son œuvre, le peuple de France travaille à l’amélioration du patriotisme national, va à la caserne, pour préparer et organiser la revanche, et poursuit crânement sa route dans l’espoir qu’un jour l’Alsace et la Lorraine, en deuil depuis 26 ans, lui seront rendues et que les plaies de 1870 seront à jamais cicatricées.

La République se dévoue donc à la réparation de désastres de l’Empire.

Ici, dans la province de Québec, nous avons suivi avec orgueuil l'immense entreprise du. relèvement de cette vieille mère-patrie que nous aimons toujours et nous mettons tout notre cœur et toute notre âme à applaudir aujourd’hui le résultat de vingt-cinq années de régime républicain.

Un fait qui frappe tout esprit observateur, c'est qu’il ait fallu trois Républiques à la France pour apprendre à son peuple à user du droit de gérer ses propres affaires que lui avait donné 1789, pour saisir et pratiquer les institutions républicaines.

Il faut attribuer ce bizarre état de choses, sui-

vant M. de Lanessan dans sa République Démocratique, au fait qu’elle remit le soin de ses destinées tantôt à un dictateur, tantôt à une oligarchie, l'un et l'autre intéressés à limiter les libertés publiques et à maintenir la nation dans l'ignorance de l’art du gouvernement et dans l’inaptitude à l'exercice de ses droits.

Mais depuis un quart de siècle, grâce aux efforts d'ardents patriotes comme Thiers, Gambetta, Jules Favre, Jules Ferry, Jules Simon, Challemel-Lacour, qui avaient pris comme devise de “ mettre la République dans les sabots des paysans,” l'esprit populaire s'est émancipé, et aujourd’hui on est républi- Cain, on veut rester républicain, et on sait pourquoi et comment.

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