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LA TYRANNIE DES FORMULES

En même temps, je crois utile de préciser le sens de certain termes. Jamais, en effet, la

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France n'a eu plus besoin de clarté. Les déiinitions confuses, les formules équivoques, les mots à double et à triple entente sont les fléaux de ce pays. Les idées vagues lui font encore plus de mal que les idées fausses. On en pourrait dire ce que Ghamfort disait des sots : « Les sots sont les troupes légères de l'armée des méchants ; ils font plus de mal que l'armée même, ils infestent, ils ravagent ». Impôt sur le revenu; révision; socialisme; collectivisme; propriété sociale; progressiste : il n'est pas un de ces mots qui ne serve à dire les choses les plus différentes, et l'obscurité des termes, en égarant l'opinion, couvre toutes les défaillances de caractère et toutes les capitulations de conscience. (Applaudissements.)

Pendant quinze ans, la France a voté sur des idées très simples : pour ou contre la monarchie, pour ou contre la république ; à présent qu'il s'agit, non plus de fonder ou de défendre, mais d'organiser le régime, elle doit se prononcer sur des questions de plus en plus complexes, parfois ardues, et le premier devoir des hommes publics est de les lui exposer avec précision.

Est-il vrai, comme on le répète chaque jour, que les républicains, les républicains sans épilhète,ceux qui ne sont ni radicaux ni socialistes,

veuillent le statu quo, rimmobililé? Est-il vrai que, seuls, les radicaux et les socialistes méritent le nom de progressistes, et que la France n'ait le choix qu'entre eux et la réaction ?

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