‹ La résection chirurgicale des nerfs splanchniques (splanchnicectomie)Chapitre 33 sur 37 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

A l'heure actuelle, nous ne faisons qu’assister à l'essor de la chirurgie endocrino-sympathique, ce qui explique ses indications encore incertaines et ses résultats parfois discutables. Mais, en ce qui concerne la chirurgie des nerfs splanchniques, nous avons le droit de fonder de grands espoirs sur elle, parce qu'elle est avant tout basée sur des tests physiologiques stables expérimentalement contrôlés et parce qu’elle a donné jusqu'ici des résultats cliniques dont il serait vain de méconnaître l'intérêt.

Les nerfs splanchniques constituent «la clef du système sympathique abdominal». Ils participent à la formation des grands plexus nerveux sous-diaphragmatiques et leurs fonctions sont multiples et complexes. L’une d'elles se détache et apparaît capitale : C’est la fonction sécrétoire du nerf vis-à-vis de la glande surrénale. Si l'élaboration de l’adrénaline se fait au niveau de la substance médullaire de la glande surrénale, il ne faut pas oublier qu’elle est sous la dépendance d’un système nerveux adrénalinosécréteur dont les nerfs splanchniques représentent

les éléments principaux. Ces nerfs sont indispen-

sables à la sécrétion de l'hormone et inversement l'hormone élaborée est nécessaire au maintien du tonus sympathique. Cette étroite interdépendance fait de l'adrénaline une véritable «hormone sympathique » et l’on peut concevoir que surrénales et splanchniques constituent en quelque sorte un couple physiologique neuro-endocrinien. Il n’est donc pas étonnant qu'on ait cherché à agir sur le fonctionnement de la glande par la destruction de ses nerfs sécréteurs puisqu'un tel procédé représentait aux yeux du praticien une véritable surrénalectomie physiologique.

Les indications de la splanchnicectomie sont donc dans l'ensemble assez voisines de celles de la surrénalectomie : L'hypertension artérielle, les artérites, voire certains diabètes insulinorésistants, bref tous les syndromes dans lesquels il parait exister une hyperactivité effective ou relative du système surrénosplanchnique ; et par la splanchnicectomie on vise à détruire la prépondérance de ce système par rapport

aux systèmes compensateurs antagonistes.

Deux questions se posent :

— Une telle opération est-elle légitime ? A cette question nous pouvons répondre avec certitude : oui. Dans certains états graves tels les hypertensions malignes des sujets jeunes dans lesquelles l’inefficacité de toute thérapeutique médicale est patente et équivaut à une certitude d'évolution fatale, on est autorisé à tenter des opérations dont les résultats sont malheureusement encore aléatoires.

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