CHAPITRE III
Anesthésie des nerfs splanchniques.
A la fin de cet exposé, il ne nous paraît pas superflu de rappeler la façon dont on peut atteindre les nerfs splanchniques ou leurs racines pour les anesthésier temporairement.
La technique de cette anesthésie des splanchniques a été décrite par maints auteurs.
Elle peut être utile à connaître, car dans quelques cas de syndromes douloureux solaires elle nous a donné déjà des résultats remarquables d'efficacité. Son action est sans doute temporaire, mais elle soulage si radicalement les malades sur lesquels nous avons êté amenés à la pratiquer, et elle est d’une technique si simple, qu'elle est non seulement acceptée facilement, mais réclamée par eux. Elle peut ètre utilisée dans certaines crises de coliques hépatiques particulièrement douloureuses, dans les crises gastriques du tabès ou certains syndromes douloureux solaires comme on en voit au cours de l’évolu-
tion des cancers du pancréas, par exemple.
Voici la technique que nous employons pour l’anesthésie du nerf.
On peut faire auparavant une injection de scopolamine-morphine aux malades, mais celle-ci n’est pas indispensable car l’anesthésie des splanchniques n’est pas plus douloureuse qu’une ponction lombaire.
Le malade est couché sur le côté, incurvé en avant. Il est avantageux de placer un petit coussin sous le flanc.
On repère l’apophyse épineuse de Dxn, et à son niveau on pique avec une aiguille à ponction lombaire longue, à environ 7 cm. de la ligne médiane.
Le point important est de donner à l'aiguille la direction désirée. Il faut qu’elle soit inclinée de 45° sur le plan sagittal médian. Si l'aiguille est enfoncée trop obliquement, elle bute sur l’apophyse costiforme de la première lombaire. Si elle ne l’est pas assez, on ne sent pas le repère capital qui est la rencontre avec le corps vertébral de Lx.
Une fois que laiguille, enfoncée de 6 à 8 cm. suivant les sujets, a buté sur le plan antéro-latéral du rachis, on la retire légèrement et on contourne, en diminuant très légèrement l’obliquité de l’aiguille, le corps vertébral. On enfonce de 1 à 2 cm., très doucement. L’aiguille ne rencontre aucune difficulté à s’enfoncer, mais il faut être prudent, et avant d’injecter le liquide, s’assurer que l’on n’a point pénétré dans un gros vaisseaux prévertébral.
Nous injectons 20 cmc. d’une solution de novo-
caïne à 1 pour 200. Cette concentration suffit pour
Te
les malades médicaux que nous avons traités. Elle serait insuffisante pour permettre une opération chirurgicale sur les viscères abdominaux (1).
Ajoutons que pour avoir son maximum d'effet,
l’anesthésie doit être pratiquée des deux côtés.
(1) Cette anesthésie peut être employée très aisément dans la chirurgie viscérale et notamment la chirurgie gastro-intestinale,' associée à une anesthésie locale sous-cutanée. Mais nous ne l’avons jamais employée, car nous estimons préférable, si on désire opérer sous une anesthésie de cet ordre, l’anesthésie péridurale, d’une technique aussi simple et qui dispense de l’anesthésie sous-cutanée.