INTRODUCTION
La résection des nerfs splanchniques est une opération qui occupe une place encore indécise parmi les opérations de chirurgie neuro-endocrinienne. Elle a été préconisée ou essayée dans des buts variables dont le plus important et le seul logique, à notre point de vue, consiste à énerver la glande surrénale pour modérer sa sécrétion adrénalinienne. Certes, les indications opératoires incertaines des états d’hyperépinéphrie, les résultats aléatoires jusqu'ici obtenus par la chirurgie, légitiment les doutes que l’on peut avoir concernant l’opportunité et l’efficacité de semblables interventions. Mais ce serait une erreur inverse aussi grande que de leur refuser toute attention et l’on doit, en toute impartialité, reconnaître que, même à l'heure actuelle où la physiologie a cependant accumulé des notions suffisantes pour autoriser de grands espoirs dans le domaine de la chirurgie endocrinologique, son développement se heurte moins à notre ignorance des causes premières des syndromes
J. BRÉHANT 1
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que nous avons à traiter qu'aux «traditionnelles objections a priori que rencontre toute chirurgie nouvelle » (1).
Aussi avons-nous eu ici pour but, non de faire un plaidoyer en faveur d’une méthode chirurgicale encore peu répandue, mais seulement de faire le point des résultats jusqu'ici acquis et d'analyser objectivement ce qu’on peut en attendre. La première partie de ce travail est consacrée à l’étude physiologique des nerfs splanchniques. Dans la deuxième, nous exposons les résultats obtenus par leur résection et les comparant à ceux obtenus par la surrénalectomie, nous faisons le bilan des avantages et des inconvénients de chacune des deux méthodes. Dans la troisième partie, après avoir étudié l’anatomie des splanchniques qui nous apprend que ces nerfs constituent en quelque sorte «la clef de tout le système sympathique abdominal ÿ nous décrivons les méthodes qui nous ont paru les plus commodes pour les aborder et les réséquer chirurgicalement.
Dans cette dernière tâche, nous avons été beaucoup aidé par notre maître et ami Jean Meillère qui nous a obligeamment proposé en 1935 de collaborer dans les recherches qu’il entreprenait alors et qu’il a exposées dans le Journal de Chirurgie (2). Nous sommes heureux de pouvoir lui témoigner ici notre sentiment d’affectueuse gratitude.
(1) Leriche.
(2) Journal de Chirurgie, t. 45, n° 5, novembre 1935. Meillère et Bréhant, La résection des nerfs splanchniques.