‹ La résection large, traitement idéal des Ulcères et Cancers d'estomacChapitre 11 sur 21 · CONSÉQUENCES OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES OPÉRATOIRES

De ce que nous venons de voir, découlent des conclusions grâce auxquelles nous allons définir l’opéra-

tion de choix :

Ce sera celle qui tout en anihilant l’hyperchlorhydrie, principale cause de la maladie ulcéreuse, rèsèquera la partie atteinte, mettant aïnsi le malade à l’abri de toute complication après l’avoir guéri.

I. La gastro-entérostomie : Il est évident que la gastro-entérostomie n’atteint aucun des buts que nous venons de définir. Elle vise modestement à mettre J'ulcère dans les meilleures conditions de repos afin de favoriser sa cicatrisation. Mais, si elle y réussit quelquefois, nombreux sont ses inconvénients.

A) Elle laisse persister l’ulcère gastrique, et nous avons vu plusieurs fois notre Maître le Docteur de BUTLER devoir pratiquer une résection à des opérés revenus après une amélioration de courte durée (observation 87).

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B) Laissant persister l’ulcère, elle ne met pas à L] . . . ren 4 ® l'abri de ses complications déjà vues : hémorragies, perforations, dégénérescence maligne !

C) Au point de vue post-opératoire, elle expose plus que les résections aux complications pulmonaires. On constate, en effet, chez les opérés gastriques diverses complications pulmonaires : bronchites et congestions pulmonaires sans gravité, et surtout broncho-pneumonies qui, elles, présentent une sérieuse gravité.

L’anesthésique employé dans les observations que nous rapportons, est en général le schleich. Cependant nous trouvons des complications pulmonaires après les interventions à l’anesthésie locale. De sembilables résultats ont été publiés par Mickuricz et Victor PAUCHET.

Sans nier absolument l’existence de broncho-pneumonies par déglutition, il semble pourtant bien qu’il faut chercher ailleurs la cause de la plupart des complications pulmonaires. On est frappé, en effet, par le fait que les opérations portant sur l’estomac, lorsqu’il s’agit de gastro-entérostomies, se compliquent plus d’accidents pulmonaires que les autres opérations abdominales. Les recherches de laboratoire confirment d’ailleurs cette constatation, c’est ainsi que le Professeur LAMBRET de Lille dans une communication faite à la Société de Chirurgie en 1921, a rap-

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Re

porté qu’il avait trouvé le Bacillus Pylori dans les poumons d’un malade mort de broncho-pneumonie et un Entérocoque dans les crachats d’opérés ayant des complications pulmonaires.

Si l’on admet que l’origine des complications pulmonaires est dans le foyer ulcéreux, fait que le Professeur LAMBRET a mis en évidence par l'identité des germes, on voit l’avantage sur ce point de la résection par rapport à la gastro-entérostomie; celle-ci nous paraît, en effet, plus nettement grévée de complications pulmonaires ou autres. La seule conclusion de ce fait indiscutable, réside donc dans léxérèse large et en bloc de toutes les parties malades : lopérateur ne laisse plus dans l’estomac de sécrétions septiques qui viendraient ensemencer les sutures d’ulcères susceptibles de se réveiller ou de déterminer à distance de graves accidents pulmonaires.

La G. E. est donc ioin de représenter l'intervention idéale, maïs cependant et malgré ses inconvénients, devons-nous systématiquement la rejeter ? Non, bien au contraire, mais nous la réserver pour les cas où la résection s'avère ou impossible, ou trop dangereuse pour le malade et seulement pour ces cas. Il vaut mieux, en effet, « guérir un malade en deux fois que de le tuer en un temps, et il est préférable de faire perdre un mois à l’opéré que de lui faire perdre la vie ». (V. PAUcHET). C’est pourquoi, chez les malades très cachectisés, présentant de volumineux ulcus adhérents au pancréas ou au foie, nous pratiquons simplement une gastro-entérostomie. Si le patient

ainsi mis au repos récupère de façon salisfaisante. nous pratiquons alors une résection large sur un sujet en bonnes conditions physiques. Nous avons ainsi la satisfaction d’avoir guéri complètement le malade

sans avoir exposé inutilement sa vie.

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