RÉSULTATS
lo Quelle est l’action de la distension ou du retrait d’un poumon sur le poumon opposé ?
La distension ou le retrait pulmonaire imposé à un poumon à pour effet de provoquer de façon constante une pause respiraloire du poumon symétrique. (Fracés 1, 2-11, i-111, 1.) La durée de cette pause est variable, mais elle est toujours importante, de 2 à 5 et parfois 6 minutes. Malgré la persistance du retrait ou de la distension pulmonaire, on constate au bout de ces laps de temps une reprise spontanée des mouvements respiratoires, sans que par ailleurs il ait été apporté de modifications à l’état de distension ou de retrait du poumon lieu d’intervention. Mais la reprise spontanée n'a pas les mêmes caractères, suivant que persiste, soit linsufflation soit laspiration pulmonaire, le retrail pulmonaire unilatéral (aspiration) provoque une reprise en inspiralion (tracé 11.2), la distension unilatérale provoque une reprise en expira- LOMATACÉ RTS TOR
Entin, si au cours de la période de suspension respiratoire ou après la reprise spontanée des mouvements respiratoires, on fait cesser brusquement soit la distension soit le retrait d'un poumon lieu d'intervention on constate du côté du poumon lieu de réaction les phénomènes suivants : la décompression du poumon, faisant cesser la distension imposée à ce poumon provoque une reprise des mouvements respiratoires en inspiration (tracé rr1-4, lracé [V-3). La rentrée d'air dans le poumon antérieure-
ment en élal de rétraction par aspiration, provoque une
reprise en erpiralion (racé 11-4). Signalons en outre qu'à plusieurs reprises à la suite de décompression brusque et rapide du poumon préalablement distendu, nous avons constaté de l'inversion persistante du {ype respiratoire ; les mouvements respiraloires débutent alors par une demi-inspiration alors que dans les conditions habituelles, on sait que chez la tortue ils débutent par une demi-
expiration. (Tracé IV.)
20 Les actions du retrait ou de la distension pulmonaire unilatérale sont-elles des actions reflexes ?
Chez la tortue les deux poumons sont situés dans une boite inextensible formée par la carapace ; ils sont en conséquence solidaires lun de l'autre, et toute modification mécanique apportée à un poumon, insufflation ou aspiration, retentit sur l'autre poumon : de ce retentissement nous avons la preuve sur les tracés : le poumon lieu de réaction subissant l'influence mécanique du poumon lieu d'intervention, l'insufflation d'un poumon se traduit en effet sur les tracés par une brusque ascension du style inscripteur qui traduit les modifications apportées à la statique du poumon opposé. (Tracé 1-2. Tracé 1V-2.) Des effets inverses sont observés dans l'aspiration. (Fracé 11-71. Tracé IV-3.) Nous nous sommes demandé si les actions obervées et décrites ci-dessus ne sont pas les conséquences de modifications apportées à la statique du poumon lieu de réaction et pour mettre celte influence hors de cause, nous avons réalisé les mêmes expériences, le tho-
rax étant ouvert par une large trépanation : nous avons
constaté dans ces conditions, dés actions absolumeht semblables à celles observées, le thorax étant intact.
Les actions observées sont sous la dépendance du système nerveux et en particulier du nerf pneumogastrique. Nous avons en effet, comme Hering et Breuer, répété les mêmes expériences après double vagotomie et nous avons constaté que la pause et les modifications du type respiratoire ne se produisent plus.
ist-il cependant nécessaire de procéder à la double vagotomie pour ne plus obtenir la pause et les modifications du type respiratoire ?
Nous avons constaté que la section du pneumogastrique correspondant au poumon lieu d'intervention avait le mème effet que la double vagotomie : après cette section aucun des phénomènes observés ne se produit plus. Gette section réalisant la séparation entre les centres nerveux supérieurs et le lieu d'intervention suffit donc pour empêcher tout phénomène de se produire. Elle prouve que les effets de la distension ou du retrait d’un poumon sur le poumon opposé ont besoin pour se produire de l'intégrité des connexions entre les centres nerveux supérieurs et le poumon lieu d'intervention ; elle prouve que le lieu d'intervention est également le lieu d’exceitation. Les excitations se transmettent aux centres nerveux par les voies centripètes du nerf pneumogastrique, et se traduisent dans l'appareil respiratoire par des modilications apportées aux mouvements respiratoires ; les
phénomènes observés sont donc des phénomènes réflexes,
3° Les réactions observées sont-elles en concordance avec la théorie de l’autorégulation respiratoire ?
Pour répondre à celle question qui est le but des expériences entreprises, analysons les résultats obtenus dans
és différentes conditions expérimentales.
a) Effets de la distension pulmonaire unilatérale. — La distension pulmonaire unilatérale obtenue expérimentalement correspond à l'inspiralion dans le fonctionnement normal de la respiration, Expérimentalement elle est obtenue directement par insufflation (tracé 1-9. Tracé 111-1), et indirectement, par rentrée d'air dans un pouion avant préalablement subi une aspiration (tracé 11-83).
Dans un cas comme dans l'autre elle est suivie d'une reprise spontanée des mouvernents respiratoires, après une pause importante dans le cas d'insufflation directe.
La reprise spontanée est caractérisée par une ou plusieurs expirations, Où par une reprise ayant le type habituel de la respiration chez la tortue, c'est-à-dire par un mouvement respiratoire commençant par une demi-expiration. La distension pulmonaire correspondant à une inspiration dans le mécanisme normal de la respiration
provoque done une reprise expiraloire.
b) Effets de la rétraction pulmonaire unilatérale. — La rétraction pulmonaire produite artificiellement correspond à l'expiration physiologique. Nous l'avons obtenue de deux manières, d'une part par aspiration directe de l'air contenu dans le poumon (tracé 11-1), d'autre part par décompression brusque du poumon préalable-
ment distendu par insufflation. (Tracé IV-, Tracé 111-3.)