Gilbert Ballet à la Société générale des
prisons.
Le rapport de Gilbert Ballet au Congrès de Genève dont j'ai parlé plus haut (p. 27) et dont j'ai conté Jes origines et les conséquences n'a pas été une surprise pour le monde scientifique :
1. Voir : L'idée médicale de responsabilité au Congrès de Genève. Journal de psychologie normale et pathologique, 1907, 15 novembre.
3tpe éminent collègue de Paris avait déjà eu occasion d'exposer sa manière de voir, notament à la Société générale des prisons, lors de la •ande discussion sur la responsabilité atténuée.
Dans cette discussion il a déjà très nettement firme que les questions de responsabilité ne nt pas de la compétence des médecins et que s experts ne doivent pas accepter, des magisats, la mission de se prononcer sur la respon- ,bilité ou l'irresponsabilité d'un criminel.
« Les questions de responsabilité ou d'irresansabilité, dit-il, à moi, médecin expert, agismt et parlant uniquement comme médecin, me 3iit indifférentes, absolument indifférentes. Elles e me sont pas indifférentes comme biologiste ou sychologue; mais, comme médecin expert,je condère que c'est par suite d'une habitude regretble que les magistrats ou les juges posent au âdecin la question de savoir si tel ou tel inculpé t responsable ou non,question que le médecin n'a s qualité pour résoudre. Maintes fois il m'est aré, ayant à déposer en cour d'assises et étant Uicité par le président, qui n'était pas satisfait mes réponses exclusivement médicales, de Utendre me poser cette question avec une ceriiie impatience : mais enfin l'accusé est-il responsable ou non ? Je n'ai pas hésité à répondre :
Monsieur le président, je suis ici médecin; je viens de vous indiquer ce qu'a au point de vue médical l'inculpé que je suis chargé d'examiner; c'est à vous de décider s'il estresponsableounon responsable. La question que vous me posez est d? ordre métaphysique ou psychologique; ce n'est pas une question médicale. (Applaudissements.) »
Toute la doctrine de Gilbert Ballet est dans ce passage. J'ai souligné trois phrases qui peuvent être discutées séparément.
1° Comment un expert psychiatre peut-il ne pas être, dans son expertise, biologiste et psychologue? Comment, étant biologiste et psychologue, l'expert parvient-il à se dédoubler et à séparer sa personnalité de psychiatre et sa personnalité de biologiste psychologue? Si cette dissociation était possible, ne serait-il pas très fâcheux que l'expert la fît? ne deviendrait-il pas ainsi un expert incomplet, absolument insuffisant ? Si te* magistrats confient si volontiers et si utilement des expertises à Gilbert Ballet, c'est parce qu'il* savent que notre éminent collègue est un psycb°* logue, en même temps qu'un médecin.
2° Si l'expert se contentait de dire aux! magi** trats«ce qu'a au point de vue médical l'inculpé *> en quoi ce diagnostic pourrait-il les éclairer 1 ? I*