Demifous et dcmiresponsables, p
2. J'ai cité plus haut (p. 179) cette phrase de Bard : € pour ma part, si j'avais l'honneur d'être législateur, je n'hésiterais pas à en faire (de la demifolie) une circonstance aggravante exigeant rallongement de la peine. »
un asile au lieu de le punir en prison. Mais ce qu'on ne savait pas reconnaître ou ce qu'on ne voulait pas proclamer, c'est la maladie du criminel qui n'est pas un fou, qui parait lucide, mène la vie de tout le monde ou à peu près jusqu'au jour du crime, la maladie du criminel demifou.
Les nombreuses objections qui ont été formulées de divers côtés contre l'œuvre de Lombroso, s'adressent aux exagérations de sa doctrine, à la généralisation trop grande de ses idées, mais ne diminuent en rien le haut intérêt qui s'attache, depuis lui, à cette grave question des rapports de la criminalité et de la demifoiie.
Ce que je reproche à l'œuvre de Lombroso, ce n'est donc pas son déterminisme, mais Vètroitesse de base de son déterminisme criminel ; c'est notamment le rôle exclusif, ou au moins très exagéré, qu'il attribue dans ce déterminisme à l'hérédité ancestrale. Il y a par exemple deux grands éléments dont il ne tient pas un compte suffisant : la morale et le milieu. Les notions morales, innées (héréditaires) ou acquises, l'éducation, l'instruction, l'exemple... ont sur le développement du criminel une influence positive, qu'il serait puéril de nier. Lombroso a exagéré l'importance du criminel-né et surtout de ses stigmates
physiques. C'est ce qui ressort de tous les derniers travaux *.
De plus il ne faut pas conclure des travaux de l'école italienne que tous les criminels sont des malades. Je ne crois pas qu'aucun auteur de cette école ait nettement dit cela ; en tous cas, ce n'est pas du tout scientifiquement prouvé et, à mon avis, ce n'est pas exact.
Des publications italiennes il ne faut conclure et retenir qu'une chose c'est que, parmi les criminels, à côté du groupe des criminels bien portants et raisonnables et du groupe des criminels fous et irresponsables (admis de tous temps), il faut distinguer un troisième groupes de criminels malades qui ne sont pas fous : ce sont nos demifous à responsabilité atténuée.
Si donc, comme je le fais constamment, on ne donne au mot responsabilité que son seul sens médical, indépendant de toute théorie sur le libre arbitre ou le déterminisme, les travaux de l'école italienne n'infirment en rien la doctrine de ce livre et contribuent au contraire à lui fournir un point d'appui scientifique.
C'est donc en me basant uniquement sur Vap-
1. Voir Maurice de Fleury. L*âme du criminel, p. XI, 91, 115. — MoRA.CHE.La responsabilité. Étude de sociobiologie et demédecine légale, 1906, p. 34 et 61.
parence des choses et non sur leur réalité que j'ai classé l'école italienne dans ce chapitre consacré aux opinions différentes de la mienne.