‹ La responsabilité des criminelsChapitre 54 sur 82 · C'est moi qui souligne · texte numérisé non relu

C'est moi qui souligne

consigner dans les laboratoires et de ne l'admettre dans les prétoires que pendant ses intervalles lucides. »

On voit que volontiers Pierre Baudin rouvrirait pour les aliénistes les asiles qu'il tient ferx mes devant les aliénés criminels.

Au fond nous retrouvons toujours là la même confusion entre le droit qu'a la société de se dé- ' fendre contre tousles criminels, et le devoir qu'elle a de ne pas employer les mêmes moyens pour se défendre contre les divers criminels. Oui, les demifous peuvent être aussi et plus nocifs que les sains d'esprit; il faut donc se garer de leurs méfaits et nous n'avons jamais prétendu qu'il fallût les laisser en liberté Mais j'ai dit et je maintiens que la société doit employer pour se garantir des demifous des moyens autres que ceux qu'elle emploie pour se garantir dés sains d'esprit 1 .

Tout le raisonnement de Pierre Baudin peut s'appliquer aux fous, aussi bien qu'aux demifous ; ils sont bien plus dangereux que les sains d'esprit ; il faut donc se défendre contre eux, se garder de les laisser en liberté ; mais personne n'a

1. Toute la partie serait gagnée si on m'accordait ceci parce que, seuls, les médecins peuvent désigner aux magistrats ceux qui sont fous et ceux qui sont demifous.

osé dire qu'il fallût les mettre en prison comme les sains d'esprit.

Toute l'argumentation de mes contradicteurs repose sur cette erreur qu'il n'y a qu'wn moyen, pour la société, de se défendre contre les criminels, c'est de les supprimer ou de les mettre en prison. Ils oublient qu'on se gare aussi bien des méfaits d'un homme en l'internant, en le traitant obligatoirement, en le retenant dans un ' asile qu'en le détenant dans une prison i .

Cette simple petite addition à la loi de l'obligation du traitement des fous et des demifous criminels * répond à toutes les objections tirées de l'intérêt général et permet à la société d'al-

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