Voir plus haut, p
2. Voilà un considérant à opposer à tous ceux qui, comme Emile Faguet, voudraient que la société se défende par les mêmes moyens contre tous les criminels, malades ou non.
3. Sur Tasilo-prison de Gaillon (Eure), voir: Kékaval. Rapport déjà cité ; Charles Vallon. Traité de pathologie mentale de Gilbert Ballet, p. 1411 et 1586 ; Gaston Bernard. L'asile des aliénés criminels de Gaillon. Sa nécessité. Son organisation future. Thèse de Paris, 1905, n° 449.
est une cause de gêne, de trouble, d'insécurité. Sur la proposition Delbet, la Chambre invite le gouvernement à désaffecter la maison centrale de Gaillon, qui prendra le nom d'asile central des aliénés dangereux. Le ministre de l'Intérieur est chargé de l'organisation d'un service médical et d'un service de surveillance en rapport avec cette destination nouvelle. » /
€ Depuis le 1" janvier 1903, par décision du ministre de l'Intérieur, le quartier spécial d'aliénés et épileptiques (de Gaillon) a cessé de faire partie des services de l'administration pénitentiaire pour dépendre des services de l'assistance et de l'hygiène publiques *. »
« D'après le règlement provisoire du 20 janvier 1902, Gaillon est dénommé asile spécial des condamnés aliénés et épileptiques... 11 reçoit, comme en 1876, les condamnés aliénés et épileptiques des maisons centrales de France (dont la peine dépasse un an de prison). Les condamnés à moins d'un an font leur peine dans les prisons départementales et sont, §'ils deviennent aliénés, placés à l'asile du département corres-
1. En mars 1904, Raoul Leroy, chef médical de Gaillon, écrit cependant encore à Kéraval : « les malades de Gaillon sont considérés comme en cours de peine, V asile de Gaillon relevant jusqu'ici directement de V administration pénitentiaire. ».
pondant... Gaillon semble l'embry on tout indiqué du futur asile d'aliénés criminels... Il y a à Gaillon la place suffisante pour hospitaliser trois cents malades environ... Un asile de trois cents malades au maximum est seul désirable, parce ce qu'il faut éviter l'agglomération des aliénés dangereux et qu'en outre le médecin doit consacrer un temps très long à sa visite...
« Gaillon, ainsi compris, se composerait : a) de l'asile pénitentiaire destiné aux condamnés aliénés, à discipline stricte, sauf régimes médicaux spéciaux ; (3) de l'asile de sûreté à discipline moins sévère, à nourriture meilleure. A cet asile de sûreté on placerait : les aliénés condamnés ayant fini leur peine, au lieu de les transférer dans les asiles départementaux ; tous les aliénés criminels et vicieux nécessitant une surveillance spéciale (fous moraux, débiles, pervers, évadés récidivistes, épileptiques dangereux, persécutés persécuteurs, certains persécutés à réactions dangereuses); les inculpés irresponsables mais dangereux pour la sécurité publique, à raison de leurs assassinats, de leurs impulsions homicides ou autres, de viols, de vagabondages et vols, d'incendies 1 . »
1. Voir aussi : Paul Sérieux. Les asiles spéciaux pour les condamnés aliénés et les psychopathes dangereux. Revue de psychiatrie, 1905, p. 265.