ET ÉCONOMIQUE
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Dans les premiers temps de l'humanité, les peuplades encore à l'enfance de la civilisation menaient Ja vie pastorale et, par conséquent, errante. La tribu, ensemble de plusieurs familles, unies par des liens d’origine et de langue, avait la propriété collective d’un grand troupeau d'animaux domestiqués qui assurait la nourriture de tous ses membres. Les hommes n'avaient pas encore eu l’idée de cultiver la terre pour en obtenir un meilleur rendement : ils utilisaient seulement les produits sauvages et naturels du sol, soit en mangeant directement certains fruits et certaines plantes, soit surtout en nourrissant leurs troupeaux d'herbes et de feuillages et en profitant ensuite de leur laitage et de leur viande. Quand toute la végétation d’un endroit était épuisée par cette cueillette et ce pacage intensifs, c’est-à-dire au bout de quelques semaines à peine, il ne restait plus à la tribu qu'à aller un peu plus loin chercher une nouvelle végétation à donner en proie à ses membres et à ses animaux. On conçoit donc aisément que, dans ces conditions, le seul mode de vie soit la vie nomade, l'habitation dans des huttes de branchages, plus tard dans des tentes.
Mais toutes ces tribus, vivant sur le même territoire, à des distances plus ou moins considérables, ne devaient
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pas tarder à entrer en contact les unes avec les autres, contact tantôt guerrier, tantôt pacifique. Les rapports pacifiques de tribu à tribu s'établirent naturellement au moyen d’un ou de plusieurs membres d’une tribu envoyés par leur chef au chef d'une autre tribu voisine pour traiter avec lui de questions de mariage, d'échange d’animaux domestiques et, plus tard, de limites de territoires, quand apparut l’idée d’assigner à chaque tribu un territoire propre dont elle épuiserait périodiquement les ressources naturelles des différentes régions.
Ces envoyés de tribu à tribu furent évidemment les premiers voyageurs, au sens moderne du mot, c’est-à-dire l'individu qui quitte momentanément le milieu où il vit pour aller au loin prendre contact avec d’autres pays et d'autres gens. |
Les voyageurs, ayant ainsi abandonné pour quelque temps leur vivre et leur coucher habituels, devaient trouver, dans la tribu où ils arrivaient, un vivre et un coucher provisoires. Ils ne pouvaient les trouver dans une hôtellerie, une auberge : il n’en existait pas; l'idée n’en était pas encore venue, les voyageurs étant trop peu nombreux, et la forme de la vie nomade ne s’y prêtant pas. Le chef ou l’un des principaux membres de la tribu recevait le voyageur, l'admettait dans son intimité, le nourrissait à sa table, le couchaiït sous sa tente: c'était l'hospitalité. Ce mot français « hospitalité » vient, en effet, d'un mot sanscrit et qui indique bien par lui-même sa signification première, le mot ghôshapati, composé de ghôsha, pâtre, station de pâlre, et de pati, maître. |
Cette forme de l'hospitalité, si elle n’était pas pratiquée universellement chez tous les peuples, les peuples sauvages ct anthropophages en sont la preuve, était la règle chez tous les peuples civilisés, ainsi qu’on le peut constater dans les récits de la Bible et dans les épopées de la Grèce et de l'Inde.
Au cours des siècles, il vint aux hommes cette idée que, certaines plantes étant bonnes pour la nourriture des hommes et des animaux, et d’autres étant mauvaises ou simplement médiocres, il y avait lieu de chercher à