Dépôts mortuaires. — Rapport (d
L'historique des dépôts mortuaires n'est pas à refaire; les rapports de MiM. les docteurs Du Mesnil, Lamouroux et Frère contiennent, sur les dépôts existant à l'étranger, des renseignements complétés ici même par MM. Bartet et Du Mesnil en ce qui concerne le dépôt récemment établi à Bruxelles, et par M. de Pietra- Santa relativement au dépositoire de Lucques.
Mais le but à atteindre n'est pas partout le même. Dans la créalion des plus anciens dépositoires, on cherchait avant tout à trouver une garantie contre la possibilité d'inhumations prématurées. Aussi ne voit-on dans les règlements qui concernent ces dépositoires aucun délai pour l'inhumation et attend-on le plus ordinairement la décomposition caractérisée des cadavres.
(1) Commission supérieure de l'Assainissement de Paris, i° souscommission.
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Dans d'autres cas, les dépositoires ont été édifiés dans un but d'hygiène et spécialement affectés aux personnes mortes de maladies épidémiques ou conta^'ieiises. Les corps sonl alors éloignés des milieux qu'ils pourraient infecter.
A Paris, le service de la vérification des décès est organisé de telle sorte que la crainte d'inhumations prématurées n'existe que chez un petit nombre de personnes, et ne peut, en tous cas, avoir aucun fonlement; d'autre part, l'ensemble des mesures prises lorsqu'il s'agit de décès résultant de maladies contagieuses, et notamment la mise en bière rapide des corps, qui seule peut empêcher.la propagation des germes morbides, suflisent à conjurer tout danger, bien mieux que ne le ferait le Iransport à travers la ville des corps en question.
Aussi, les propositions qui, après des discussions nombreuse?, ont rallié le plus de suffrages, sont celles qui, conformément aux propositions primitives de M. G. Martin, tendent à affecter uniquement les dépôls mortuaires, à Paris, aux personnes qui meurent dans des conditions telles que leur famille ne peut les conserver pendant le délai normal qui sépare le décès de l'inhumation, sans s'astreindre à une promiscuité douloureuse et peu convenable.
Tel était le programme sur lequel la sous-commission était appelée à délibérer. Après examen préliminaire de la question, la sous-commission a reconnu le bien fondé des restrictions mises à l'usage fies maisons mortuaires à créer à Paris et elle a étudié en détail les conditions dans lesquelles les établissements de cette nature devraient être installés et comment ils devraient fonctionner.
Cette étude, en partie spéciale au dépositoire à établir à titre d'essai, a aussi porté sur les conditions générales des établissements de cette nature qai peu à peu pourront être créés dans tous les quartiers populeux, si le sentiment public se montre favorable à cette création. L'usage que l'on fera du premier dépôt mortuaire pourra seul déterminer les conditions d'importance et de répartition des dépôts à établir ultérieurement.
Les conditions propres à un dépositoire sont de deux sortes : les unes concernant le dépôt lui-même, les autres, extrinsèques pour ainsi dire, sont celles qui peuvent contribuer au succès de l'institution.
Parmi les premières, nous rangerons l'isolement, la salubrité, la facilité d'accès, la continuité de la surveillance..
Parmi les autres, l'aspect extérieur, la facilité pour les familles de veiller leurs morts dans des conditions convenables, la possibilité d'exposer, avant le départ pour le cimetière, le corps autour
duquel les amis viennenL s? grouper pour le conduire à sa dernière demeure.
Les conditions de la première série se justifient d'elles-mêmes; la sous-commission a insisté noiamment sur l'importance de celle qui a trait à l'isolement du dépôt mortuaire. Des raisons hygiéniques de premier ordre réclament cet isolement, qui doit être assuré, non pas seulement au point de vue de la distance des habitations, mais aussi au point de vue de l'indépendance et de la spécialisation du dépôt. Elle a estimé à l'unanimité que ce dépôt devait avoir un carat tère propre, et qu'il élait essentiel de n'y rattacher ni salle d'autopsie, ni usine de désinfection, etc., sous peine de compromettre le rôle que vous voulez lui assignei', et auquel il faut le restreindre.
Dans le même ordre d'idées, il est essentiel que le dépôt mor- I uaire ne soit pas établi dans un cimetière : ce dépôt doit élre uniquement un domicile mortuaire substitué au domicile où le décès a eu lieu, sans que les conditions ordinaires des convois soient autrement modifiées. Il ne faut pas en faire une morgue, ni une usine, ni une salle d'attente du cimetière.
Dans la deuxième série des conditions à remplir pour l'établissement d"nn dépôt mortuaire, l'attention s'est portée tout spécialement sur l'aspect extérieur à donner à la construction. Certes, pour un monument destiné à un usage de celte nature, le luxe et la pompe architecturale seraient déplacés; mais il est non moins important de donner extérieurement à l'édifice un aspect convenable et décent ; il faut que les familles qui amèneront leurs morts au dépôt mortuaire, ainsi que les parents ou amis qui viendront assister au convoi, ne soient pas impressionnés tristement par la vue d'un édifice misérable. Plus la clientèle naturelle des dépôts mortuaires sera, par sa situation de fortune, obligée de restreindre les dépenses du convoi, plus il importe d'atténuer pour elle, dans la mesure du possible, tout ce que la misère et le besoin ajoutent à la douleur des familles.
11 est en outre nécessaire, si l'on veut assimiler le dépôt à un domicile, que le portail puisse être tendu comme pour un convoi ordinaire, et que l'exposition du corps se fasse quelques instants avant le départ pour l'église ou pour le cimetière.
Toutes les conditions qui précèdent sont heureusement remplies dans le ])rojet de dépôt mortutiire dressé par MM. Bartet, ingénieur en chef, et Formigé, architecte des promenades, projet dont la sous-commission doit la communication à l'obligeance des deux auteurs, et qu'elle a examiné avec le plus grand intérêt. L'emplacement choisi est un terrain communal delà rue Bolivar, isolé des