‹ La Restauration convaincue d'hypocrisie, de mensonge et d'usurpation de complicité avec les souverains de la SainteAlliance ou preuves de l'existence du fils de Louis XVIChapitre 31 sur 54 · II. — EN ITALIE EN FRANCE · texte numérisé non relu

II. — EN ITALIE EN FRANCE

. "• .•» .* fÊÊÊÊB ^MOMQi fcflion sii*f> f'ton Par suite des fatigues delà guerre et du. changement, de climat, au commencement de Tannée 1800, le prince tomba malade. Kléber résolut de le soustraire le plus tôt possible à l'influence de l'Afrique et de le faire passer en Europe. Desaix, rappelé par Bonaparte, allait bientôt rejoindre l'armée d'Italie ; Kléber saisit l'occasion.

Sûr de Desaix comme de lui-même, il lui apprit la naissance du jeune Louis, le pria de le diriger dans la carrière militaire, et lui remit la déclaration du prince de Condé. Desaix accepta cette mission et la remplit avec autant d'égards, autant de bontés, que Kléber.

Le 20 mars 1800* le Dauphin s'embarqua sur Y Étoile avec Desaix, Le Sénécal, Davoust, Kapp, Savary et autres ofliciers. Pris et relâché par les Anglais, le navire aborda à Livourne.

Avant de courir les chances de nouveaux combats, Desaix rendit au jeune prince les papiers à lui confiés par Kléber et y ajouta une lettre à l'adresse du ministre de la police Foucné. Comme le Dauphin témoignait quelque répugnance a Ne craignez pas de vous en servir, lui dit-il; Fouché aura intérêt à vous être utile. »

Après avoir reçu ses instructions et ses conseils, le fils de Louis XVI 1 accompagna à l'armée d'Italie comme aide-decamp et avec le titre d'adjudant-général.

Aide-de-camp de Kléber à quatorze ans! Aide-de-camp de Desaix et adjudant-général à seize ans ! C'est incroyable, s écne-t-on. Ou sont les contrôles?

Cette objection, peu sérieuse, sera facilement écartée :

Depuis 4789 jusqu'au consulat, jusqu'à l'empire môme, la seule condition d'admissibilité dans l'armée, en cas de danger de la patrie, et la patrie se trouvait constamment en danger, était l'aptitude à porter les armes, comme la seule condition d'admissibilité aux grades, était l'élection des troupes ou la désignation du pouvoir exécutif et de ses délé- ^ Ue ^' , ncore P a flO;-s-nous des grades ordinaires; car celui t f ,( k-" e 7 c . am P était, à cette époque comme antérieurement, a la discrétion des généraux, qui choisissaient qui bon leur semblait. C'était même la manière d'initier au métier des armes ses enfants, ceux de ses parents et de ses amis, qui faisaient le service d'aides-de-camp, sans être régulièrement et nommément inscrits sur le3 contrôles. Avant de vous montrer si exigeants sur l'âge d'un aide-de-camp, oubliez donc Hoche et Marceau, généraux à vingt-deux ans !

Dans ces temps-là, d'ailleurs, l'inscription n'existait pas ;

I organisation des bureaux militaires était loin d'être ce qu'elle est aujourd'hui ; elle ne futintroduite que.sous l'empire; il n'y avait point de contrôles ; les chefs de corps seuls tenaient note des noms des officiers, encore pas toujours.

Rien d'étonnant donc si le nom cfe Paide-de-camp, adjudant-général Louis, ne se trouve pas sur les registres du ministère de la guerre.

Il y a bien un autre et excellent motif de l'absence de ce nom. Est-ce qu'il n'importait pas à la conservation du fils de Louis XVI d'éviter les soupfans, les recherches, de lui laisser son indépendance? Est-ce que l'inscription n'aurait pas nécessité la production d'un acte de naissance ! Et lequel?

II aurait donc fallu s'en procurer un faux? Puis, un grade supérieur, légalement constaté , conféré à un si jeune homme, ne provoquait-il pas la jalousie, l'attention? Tandis que le grade de fait était moins remarqué, parce que le Dauphin, formé de bonne heure, annonçait un âge plus avancé que le sien.

La non-inscription prouve encore évidemment qu'il n'était

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parent ni de Kléber ni de Desaix, quoiqu'il passât pour leur neveu, car, s'il l'eût été, auraient-ils, dans l'intérêt de son avancement, négligé cette formalité? Non, sans doute. L'âge ne pouvait être un obstacle, car le prince entrait dans sa seizième année quand H quitta Kléber et suivit Desaix. Il existait donc un motif secret, mais puissant, de le soustraire à l'inscription. Et quel autre, si ce n'est sa qualité de fils de Louis XVI?

A peine arrivé en Italie, Desaix fut mis â la tête d'une des divisions de l'armée. Au bout de quelques jours, le 14 juin 1800, se donna la mémorable bataille de Marengo. Elle était erdue quand Desaix, après dix lieues de marche forcée, déoucha tout-à-coup sur les Autrichiens vainqueurs et les culbuta. Il périt dans l'action.

-Le Dauphin, blessé à ses côtés, alla, avec plusieurs officiers, rendre compte au général en chef de ce qui s'était passé. Choqué de le voir adresser la parole aux autres, en affectant de ne pas prendre garde à celui qu'il avait remarqué en Egypte, et de ne pas s'informer de sa blessure, il tourna le dos à Bonaparte, sedétachadu groupe, et joignant au galop Rellermann, il prit part à la glorieuse charge de cavalerie qui acheva la déroute de Mêlas et nous valut la conquête de la ville d'Alexandrie, dans laquelle nos soldats entrèrent pêle-mêle avec les Autrichiens.

C'est cette boutade du jeune aide-de-camp qui accrédita dans l'armée l'opinion d'ordres donnés par Bonaparte, tandis que la charge fut uniquement une heureuse inspiration de Rellermann.

Le jour où Desaix tombait à Marengo, Kléber mourait au Caire assassiné par un fanatique musulman ; et le fils de Louis XVI perdait à la fois ses deux seuls conseillers, ses deux seuls amis, ses deux seuls appuis.

Découragé, ne sachant que faire et ne voulant pas retourner près du premier consul, le Dauphin rencontra Rellermann auquel il fit part de son mécontentement. Celui-ci lui conseilla de proposer ses services à Brune, qui, sur l'excellent témoignage de Rellermann, l'incorpora dans son état-major.

Nous emprunterons aux documents du précédent paragraphe la confirmation de la présence et de la position du fils de Louis XVI dans l'armée d'Italie. -

La pièce 47 porte :

« A la campagne d'Italie, M. Gillet, officier d'état-major de l'armée a reconnu le même jeune homme, qu'il avait vu près de Kléber, attaché à la suite du général Desaix, jusqu'à la mort de ce brave général à Marengo.

« M. Gillet a reconnu M. de Ricbemont pour être le même qu'il avait vu... en Italie, à l'état-major de Desaix.

« C'est bien là, a-t-il dit, l'homme que j'ai conau tout jeune en... Italie; c'est la même contenance, tomème physionomie, le même son de vrii; je ne saurais m'y tromper, c?est^ bien lui. »

Suivant la pièce 49, M, le colonel Govéan a dit: « J'ai beaucoup connu le Dauphin, avec lequel j'ai servi dans l'armée... d'Italie. »

Dans la pièce 51, M. Laroche s exprime ainsi : « En 1800, et pendant la campagne d'Italie, j'ai revu 'le même: jeune homme que j'avais vu< près de Kléber, passant pour son neveu; je l'ai revu en compagnie du général Désaix, récemment revenu d 'Egypte avec sa suite, etaussi à la bataille de Marengo... Plus tard, j'ai reconnu dans la personne de M. le baron de Uichemont le même jeune homme que j'avais vu et connu en Egypte et à Marengo sous le nom de Louis. »

Que faut-il de plus ?

Après la mort de Desaix, abandonné à lui-même, n'ayant plus personneà qui se fier, le Dauphin, résolut de savoir ce-

3u'étaient devenus ses libérateurs, MM. de Frotté et Ojarias, dont il n'avait pas eu de nouvelles depuis la fin de: juin 1795, époque de son arrivée au camp de Condé. Dans ce* but, il se rendit secrètement en France pendant l'été de 1801.11 apprit qu'Ojardias venait d'être assassiné, et de Frotté fusillé, nonobstant un sauf-conduit, par ordre du premier consul qui, peut-être, redoutait ses révélations.

Indigné d'une pareille violation dudroit des gens, le fils de Louis XVI, qui eut occasion de se rencontrer avec Lucien, lui reprocha vivement la conduite de son frère, puis, craignant les suites de cette altercation, rejoignit l'armée d'Italie.

Vers la fin de l'année suivante, 1802, il revint à Paris. Son âge , son titre d'officier supérieur lui permettaient ces allées cl venues dans l'intervalle des campagnes. Ayant su que la femme Simon vivait encore, et que, réduite à la misère par la mort de son mari qu'on avait guillotiné et dépouillé des valeurs que M. de Frotté lui avait remises pour obtenir son concours à l'enlèvement, elle était entrée à l'hospice des Incurables, il eut la curiosité de la voir. C'est alors que se passa la scène du couvre-pieds, consignée dans les pièces 7 et 42 : « Je vous l'avais bien dit qu'il n'était pas mort ; je l'ai revu mon Charles... — C'est le nom qu'elle donnait à l'enfant royal. —Quel Charles? lui dit-on.— Mon Charles!.. Eh bien! mon Dieu, le Dauphin !.... Il est venu me voir!... Je l'ai bien reconnu! Et puis il a reconnu le couvre-pieds de mon lit ; c'est précisément celui que j'avais au Temple.» La femme SU mon a assuré n'avoir jamais parlé de ce couvre-pieds à qui que ce fût. » Pièce 7.

a La sœur Catherine dit. a que, vers 1816, il vint auxlacu

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