Chapitre
...... « Dès que j'eus fait apporter mon lit et aue les guichetiers m'eurent laissé seul, mon premier soin fut de visiter
les murs. Il y avait quelques souvenirs écrits , ceux-ci an
crayon, ceux-là ail charbon, d'autres avec une pointe acérée* Je trouvai deux strophes françaises , fort gracieuses , que je regrette maintenant de n'avoir pas apprises par cœur. Elles étaient signées: aie duc de Normandie.» Je me mis à les chanter eu y adaptant l'air de ma pauvre Madeleine: mais voici qu'une voix se mit à les chanter tout près de moi sur un autre air. Lorsque mon voisin eut fini, je criai : « Bravo! » Et il me salua avec politesse , eu me demandant si j'étais Franc lis.
— N <m ; je suis Italien ,. et me nomme Silvio Pellico. ' — L'auteur de Y* Francesca di Iiimini?
— Précisément.
Et ici un gracieux compliment et les condoléances d'usage SUr ma détention.
11 me demanda dans quelle partie de l'Italie j'étais né.
— En Piémont, répondis-je ; je suis de Saluées.
Et ici un nouveau compliment fort gracieux sur le caractère et le génie des Piéiuouta s et une mentiou spéciale pour les hommes de mérite nés à Saluées, et, eu particulier^ pour Bodoni.
Ces quelques mots d'éloge avaient la finesse que sait emplojer une personne bien élevée.
— Maintenant, qu'il me soit permis, lui dis-je, de vous demander à vous, monsieur, qui vous êtes?
— Vous veiuz de chauler une chansonnette de ma façon.
— Ces deux charmantes petites strophes qui sont là sur le inur sont de vous ?
— Oui, monsieur.
— Vous êtes donc...
— L'iufortuné duc de Normandie.