INTRIGUES CONTRE LU
reconnaissance écrite du prince de Coudé se trouvait enfin saisie. C'était le but, ce fut le couronnement de ses indignes manœuvres. Le grand diplomate de la Sainte-Alliance y joignit les siennes; et la captivité du Dauphin se prolongea pendant sept ans, six mois et douze jours. ° Car, à ïmàméz ^1^1 Uu-iouf ai fi û
PifeCE 115. — « L'empereur d'Autriche au reçu du rapport à lui fait sur cette arrestation, croyant possible que le prisonnier fût, selon sa déclaration, le (ils du roi Louis XVI et de la pruwesse Marie-Antoinette, sa tante, écr ivit au viceroi de Lombardie, son frère, une lettre dans laquelle il le priait d adresser au prisonuier certaines questions, avec injonction, s'il y répondait d'une manière satisfaisante, de le faire monter immédiatement en chaise de po^te, de le diriger sur Vienne, et de lui rendre les honneurs dus à un archiduc
a M. de Metternich, qui redoutait pour sa politique les suites de la découverte de la vérité, envoya bien 1 autographe de l empereur au vice-roi, mais accompagné d'une lettre de lui, ministre, qui recommandait de ne faire aucune question au prisonnier, d'ensevelir cette affaire dans le silence, disant qu il prenait tout sous sa responsabilité. Et, quand l'empereur lui demanda compte de l'exécution de ses ordres, M. de Metternich eut l'impudence de répondre « qu'il était impossible de reconnaître comme ûls de Louis XVI le captif de Milan, attendu qu'il avait servi en qualité d'officier supérieur dans la garde d'un usurpateur, Murât, roi de Naples que dès lors il serait dangereux et inconvenant de rendre son rang au prince qni s'était avili jusqu'à accepter un rôle subalterne. « Signé : N.... »
Des officiers de l'armée napolitaine, interrogés, l'avaient affirmait M. de Metternich, parfaitement reconnu. C'était faux; mais qu'importe? en politique, l'intérêt est le creuset du juste et de l'honnête. Louis XVill, usurpateur comptant convenait mieux à l'Autriche que le fils de Louis XVI, élevé' des généraux républicains Kléber et Desaix, et auteur' de la protestation contre les traités de la Sainte-Alliance.
Comme de vagues bruits d'existence continuaient à circuler vers la fin du règne de Louis XV11I, on voulut, à diverses reprises, créer de faux Dauphins, afin qu'en multipliant ces jongleries, toujours faciles a démasquer puisque le gouvernement en tenait les fils, l'opinion de l'existence du véritable Dauphin s'affaiblit et disparût. Quelquefois, les tentatives de mise en scène rencontrèrent des hommes honnêtes qui refusèrent de s'y prêter; ils les ont dénoncées, et nous les transmettons à l'histoire pour l'instruction de la postérité.
Pièce 116.— a A M. .Boucher.
«Paris, le U juillet I8S0.
« Mao sieur,
« Les diferses brochures que j'ai lues provenant de votre maison et le journal Y Inflexible cherchent à éclaircir une question fort obscure; il est juste de donner tous les matériaux nécessaires pour découvrir la vérité.
« A diverses époques, on a fait jouer le rôle de Louis XVII à des individus qui n'étaient rien autre que des intrus ; dans auel but ? L'histoire finira par le dire; mais ce qu'il y a de fort extraordinaire, c'est qu'on a voulu mettre en scène des personnes qui ne voulurent pas s'y prêter : j'en suis un exemple, et je vais vous raconter avec toute sincérité ce qui m'est arrivé.
« l'ai le bonhenr de ressembler à l'infortuné Louis XVI, et, à cause de cette ressemblance, il est venu à l'idée de MM. le comte de Montalembert, décédé, du duc d'Àvray de Crouv, du comte de Pradel, du marquis de Conflans, çendre de M. le duc d'Avray de Crouy, du duc d'Avaray, capitaine des gardes, et d'autres grands noms que je pourrais citer au beso n, de vouloir me faire jouer le rô e du fils de Louis XVI, en me faisant les promesses les plus étendues; mais il fallait renoncer à mon père, à ma mère, et à toute ma famille en général; un pareil rôle ne pouvait me convenir ; j'ai été ooligé de quitter Paris pour éviter leurs obsessions incessantes ; ie suis retourné auprès de ma mère, qui demeurait à Bruxelles, et je suis né à Valenciennes.
c Ces faits se sont passés dans la dernière année du règne de Louis XVHI, et ont eu lieu, rue de l'Université, n° il, où demeuraient MM. les comtes de Montalembert el de Pradel.
« Je déclare sur l'honneur que tous ces faits sont vrais, et que je pourrais au besoin donuer plus de détails sur ce qui s'est passé.
« Si cette déclaration peut déchirer le voile de notre bistoire, je serai heureux d'y avoir coopéré, et je vous autorise à en faire usage pour faire reconnaître la vérité.
« Fait en présence de Mme veuve F , rentière, demeurant Rond-Point des Champs-E ysées, n°...
a Approuvé l'écriture,
« Signé : A. L..», Rond Point de l'Étoile, n'... a Signé : veuve F »
Charles X, consulté par l'Autriche sur la mise en liberté du prisonnier de Milan, répondit : « Qu'il ne le reconnaissait pas comme Français. » Autre batterie dirigée contre lui*
Louis-Philippe ne resta pas en arrière de ses devanciers