‹ La Restauration convaincue d'hypocrisie, de mensonge et d'usurpation de complicité avec les souverains de la SainteAlliance ou preuves de l'existence du fils de Louis XVIChapitre 51 sur 54 · INTIUCI ES CONTRE LUI · texte numérisé non relu

INTIUCI ES CONTRE LUI

de France et d'Autriche : sachant que le fils de Louis XVI venait d être mis en possession d'un manuscrit de la duchesse douairière d'Orléans et de lettres du vieux prince de Condé, pouvant suppléer aux pièces saisies à Milan et établir son existence et sa filiation, il fit tendre le piège de 1833, dans lequel se prit le Dauphin, et qui livra à la police ses papiers les plus précieux. L'accusation de complot, le procès et la condamnation ne furent que des accessoires, dont le Gouvernement se serait volontiers passé ; il les arrangea pour se justifier, et parce que M. de Kichemont le contraignit à un éclat en refusant d'écouter ses ouvertures, et en demandant des juges avec autant d'énergie que de persévérance. Car, au fond, que voulait-on ? le placer dans l'impossibilité d^agir judiciairement ; la soustraction de ses papiers produisait ce résultat.

Mais l'intrigue du château était si transparente et l'accusation simulée tellement dépourvue de vraisemblance, que Louis- Philippe eut recours aux roueries de la Restauration. On refaçonna un nouveau Mathurin Bruneau, dans la personne du Piussien Naùndorii, et on le lança au travers du procès, pour retirer le ministère public d'un mauvais pas. On le flanqua même d'un autre comparse qui fut écrasé par le principal acteur.

Donnons en abrégé l'historique du personnage : Au mois de juin 1833, arrivait de Prusse en France un aventurier dénué de tout, prononçant à peine quelques mots de mauvais français ; c'était Naundorff. Établi à Brandebourg, en 1824, il avait été poursuivi pour incendie et acquitté faute de preuves; plus tard, accusé de fabrication de fausse monnaie, dans l'espoir d'éviter le châtiment, il s'était avisé de se déclarer prince natif, et n'eu avait pas moins été condamné à trois ans de travaux forcés.

En 1831, pour la première fois, il ajoutait à sa nativité indéterminée la qualification de fils de Louis XVI.

Provoquée ou fortuite, l'apparition de cet homme fut une bonne aubaine pour la police qui connaissait ses antécédents. Elle le styla, l'instruisit, et s'en fit un instrument digne de figurer à côté de la Durut et de l'agent du château, déguisé sous le pseudonyme de Berger.

Comme nous l'avons vu, Naundorff se produisît à la deuxième audience du procès de 1834, non en personne sou langage tudesque aurait trop facilement trahi cette' grossière imposture, même aux yeux d'un jury trié, mais par une doublure, de bonne foi peut-être, M. de Saint-Didier, qui vint au nomdu pnnceNaûndorff, réclamerles prérogatives de son rang- Par malheur, la police dut s'en mordre les lèvres, le Dauphin apocryphe signait : Charles-Louis, et son ambassadeur reçut la mortification d'apprendre de la bouche de M. de Richemont

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«flTil ne savait pas même le nom du fils de Louis XVI , qui s appelait Louis-Charles.

Depuis cet incident , plus digne du répertoire du théâtre Montansier que de la gravité d une cour d'assises , NaùndorfT eX/loite k son profit le rôle que lui a créé la police. Il pénètre dans le faubourg Saint Germain, est présenté à d'honorables familles, se compose une cour, crée des aides- de-camp, possède des chapelains, un prophète, et surtout réclame et empoche de grosses sommes d'argent.

Un assassinat peut le rendre intéressant! Il s'assassine luimême, sans daDger bien entendu, sur la place du Carrousel, par une nuit sombre de 1834» et les fidèles publient sa conservation miraculeuse.

Il fonde en 1835 un journal, la Voix du Proscrit. Le rédacteur en chef, M. Thomas, dépose contre NaùndorfT une plainte en escroquerie ; NaùndorfT riposte par une plainte en diffination. M. Thomas déclare qu'il ne peut rien prouver ; Njùudorff retire sa plainte, et ce duel ridicule cesse faute de combattant».

Le 43 juin 1836, il formait une demande en rectification de Pacte de décès du 4 2 juin 1795 ; deux jours après, il est arrêté et transporté en Angleterre.

La police n'avait plus besoin de NaùndorfT; M. de Riche» mont était condamné, détenu , spolié de ses titres , mis hors d état de réclamer; NaùndorfT ajoutait des scènes à la comédie composée, et voulait la jouer pour son compte; il faisait trop de bruit; et si d'autres plaintes en escroquerie survenaient, s'il fallait le juger, le condamner, il pourrait parler, démasquer ses souffleurs... C'est précisément ce que le Gouvernement n'entendait pas ; il adopta le sans-façon usité en veri les gens de cette espèce, certain d'avance quela crainte et l'intérêt lieraient sa laugue à l'étranger.

NuùadoifT continue son manège aux environs de Londres ., il bat mounaie au préjudice de ses adeptes , prédit l'avenir, rxçoit les inspirations d'un ange, se proclame prophète, crée une secte religieuse , et se réassassine le 16 noVembre 1838 , absolument comme à la place du Carrousel, excepté qu'il emploie le pislolet au lieu du poignard.

* La plupart de ces renseignements sont tirés de la lettre suivante de M. Dejean, directeur de la police générale au ministère de l'intérieur :

Pièce 117. — « Ministère de l'intérieur.

♦ D rection de U police générale du royaume.

«Paris, le 9 juillet 1839.

« Monsieur,

« \ou* a*es désiré obtenir quelques renseignements sur la moralité, les antécédents et la position sociale du sieur Naun -

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