‹ La résurrection des DieuxChapitre 1 sur 34 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

M. Merejkowsky a maintenant environ trente-trois ans; fils d'un fonctionnaire de la Cour impériale, il est né à Pétersbourg, et c'est là qu'il a fait ses études. Il a débuté dans la carrière des lettres par des vers qui lui ont fait, de suite, une certaine réputation. Puis, comme c'est un helléniste excellent, et quil possède aussi un esprit d'analyse très subtil, on remarqua très vite ses traductions de Sophocle et d'Eschyle ainsi que ses critiques littéraires. Enfin, en 1896, il entreprit un cycle de trois romans : la Mort des dieux, la Résurrection des dieux, et V Antéchrist. Il existe déjà une version française du premier; le second, dont nous offrons aujourd'hui une traduction au public frauçais, n'a été publié en volume que tout récemment ; quant au troisième, il ne sera terminé, nous dit fauteur, que dans quelques années.

Ces trois romans forment une trilogie, c'est-à-dire trois œuvres complètement distinctes l'une de l'autre, mais reliées entre elles par une intention commune, celle de chercher à donner, en quelque manière, une réponse à une grande question philosophique qui a toujours préoccupé l'auteur, et qui est fàme même de tous ses écrits.

Cette question touche au problème le plus complexe qui puisse agiter l'âme humaine, et que l'on pourrait formuler ainsi : faut-il placer le but de la vie dans la seule recherche de la joie et de la beauté, ou bien devons-nous admettre la nécessité de la souffrance et de la mort ? La première de ces conceptions a trouvé sa formule suprême dans fantique paganisme grec ; f épanouissement ultime de la seconde nous conduit, d'une part, — dans le domaine de la foi — à la religion du sacrifice, et, de l'autre, — dans le domaine de la philosophie — à l'anéantisse-

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