I. — Compression de l’urêtre ou du col vésical
C'est la première hypothèse qui vient à l'esprit et en-général, la seule qui ait été envisagée par les différents auteurs. Mais si l’on se rappelle que, chez une femme normale, l'urêtre est court, mesurant trois centimètres environ, et que la face antérieure du col répond à la facr postéro-inférieure de la vessie, on comprend que l'agent compresseur doit être bas situé, pour que l'urêtre soit comprimée. ré
a) Compression directe. — Cette compression peut être directe, c'est-à-dire produite par le fibrome luimême. En faveur de cette hypothèse, nous pouvons citer toutes les observations du groupe 1 dans lesquelles il existe une masse plus où moins volumineuse, perçue en avant de l’orifice cervical: cette masse pouvant être un fibrome de la face antérieure du col, soit intra-vaginal, soit sus-vaginal, où un fibrome de la face antérieure du corps bombant dans le cul-de-sac vaginal antérieur. Aux observations de ce groupe, nous pouvons en joindre deux autres. Celle de Vincent (obs. XCVIID, dans laquelle la situation du fibrome et du col n'était pas précisée, mais où il existait cependant « une masse enclavée dans l’excavation écrasant le rectum en arrière et l'urêtre en avant »; et celle de Budin (obs. XLVIT, dans laquelle il existait dans le vagin un gros polype fibreux arrondi, du
volume d'une tête de fœtus au septième mois, et passant
tre —
à travers l’orifice cervical dilaté comme la paume de la main.
b) Compression indirecte. — Cette compression peut être indirecte, c'est-à-dire produite par l'intermédiaire du col utérin, qu est plus ou moins bas silué el repoussé en avant plaqué contre la symphyse. En faveur de cette hypothèse, nous pouvons citer toutes les observations du groupe Îl, dans lesquelles il existe une masse volumineuse, plus où moins enclavée dans le Douglas, avec un col refoulé en avant contre la symphyse. Cette masse postérieure pouvant être, comme nous l'avons vu, un fibrome de la face postérieure du col, un fibrome de la face posérieure du corps, un utérus gravide rétrofléchi présentant des fibromes multiples. À propos de l'observation de l'utérus gravide (obs. XVI), il semble que les deux petits fibromes n'ont joué qu'un rôle minime dans la rétention d'urine. On peut donc penser que dans quelques cas de rétroflexion d'utérus gravide, la’ rétention est produite par compression indirecte de l'urêtre et non par étirement de ce dernier, ainsi qu'on l’admet en général pour expliquer la réten-: tion d'urine dans les rétro-déplacements de l'utérus gravide; nous reviendrons d’ailleurs bientôt sur l’étirement
de l’urêtre.