‹ La Rétention d'Urine Dans Les Fibromes UtérinsChapitre 6 sur 83 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

L'existence de troubles vésicaux aux cours de l’évolution de certains fibromes utérins est fréquente: elle se trouve signalée dans tous les traités de gynécologie et a déjà fait l’objet de quelques travaux d'ensemble comme les thèses de Pourrat”*, Castet!!, Mainviellef7, M'° Ka-

gan“’, Dionet”*, et les articles de Legueu‘f, Burgos”,

Hartmann et nous-mêmes".

Nous croyons devoir insister à nouveau sur l'importance de ces troubles vésicaux pour bien montrer que dans eertains cas — assez fréquents, comme nous le

verrons — ces troubles passent au premier plan et que

des malades viennent consulter uniquement pour des

symptômes urinaires, voire même en état de rétention aiguë, sans aucun autre symptôme fonctionnel pouvant faire penser à l'existence d’un fibrome qui n’est découvert qu'au cours de l'examen de la malade,

__ Il en résulte que tous ces troubles vésicaux, et en particulier la rétention d'urine, ont une grande valeur séméiologique. Dans son enseignement oral, Siredey°° à

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insisté également beaucoup sur cette valeur séméiologique de la rétention d'urine chez la femme présentant un fibrome au début; c’est en se basant sur ce symptôme qu'il lui fut possible de poser à distance un diagnostic de fibrome, qu'un examen ultérieur confirma.

Ces troubles vésicaux sont variés. Le plus fréquent est la pollakiurie, presque toujours diurne; l'hématurie, la cystite et l’incontinence sont beaucoup plus rares, mais, le plus important, le plus grave et le plus bruyant dans ses manifestations est la rétention d'urine. C'est uniquement cette rétention d'urine qui fait l’objet de notre travail.

Notre travail est basé sur l'étude de 9g observations de fibromes accompagnés de rétention d'urine. Parmi celles-ci, 38 ont été trouvées en dépouillant 1.000 observations consécutives de fibromes puisées dans la collection que le Professeur * Hartmann a bien voulu mettre à notre disposition. Deux nous sont personnelles, l'une à été prise dans le Service du Docteur Proust, l’autre dans le Service du Docteur Lapointe. Les 59 autres observations ont été recueillies par nous dans la littérature médicale : quelques-unes dans des travaux d’ensemble, et, d’autres, isolées, dans des publications diverses. Presque toutes nos observations concernent des malades ayant été opérées où autopsiées afin d’être cer: tain du diagnostic posé et d’avoir des précisions sur la

situation du fibrome,

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Fréquence de la rétention. — Pour établir la fréquence de cette complication des fibromes, nous ne pouvons pas tenir compile des observations isolées, et nous ne pouvons nous servir que de la statistique faite avec les observations du Professeur Hartmann, prises dans une série de mille observations consécutives de fibromes opérés tant à l'hôpital qu'en ville (69r à l'hôpital, 30g en ville).

Sur 1.000 observations de fibromes, nous en trouvons 38 dans lesquelles était signalée de la rétention d'urine, soit'3,8 %. Ce chiffre est certainement beaucoup plus élevé qu'il ne l’est dans la réalité. Cela tient à ce que les 6gr observations d'hôpital correspondent à deux périodes différentes, l’une du 14 février 1901 au 24 décembre 1907, l’autre du 25 décembre 1907 au 10 juillet 1923. Dans la première, le Professeur Hartmann était chef du service des voies urinaires à l'Hôpital Lariboisière, dans la deuxième, il était à la tête d'un service de chirurgie générale. Or, sur les 103 fibromes de la première période, nous en avons trouvé 15 avec rétention d'urine, soit 14,56 %, et sur les 588 fibromes de la deuxième période, nous n’en avons trouvé que 12, soit 2,04 %.

C'est ce dernier chiffre qui peut être pris comme re: présentant la fréquence de cette complication des fibromes; il n’est d’ailleurs pas très éloigné du pourcentage (1,5 %) indiqué par Kelly et Cullen*”’.

Ce qui montre bien encore l'importance séméiolo-

gique des troubles vésicaux et en particulier de la réten-

ET

tion d'urine, c’est que sur les 27 observations d'hôpital du Professeur Hartmann, nous voyons que 15 malades présentaient uniquement des symptômes urinaires, (rétention, pollakiurie, etc...), sans aucun autre symptôme fonctionnel de fibrome et que 9 malades — avec ou sans symptômes de fibromes — sont entrées en état de réten-

lion complète.

Fréquence relative de rétention d'urine et des autres troubles vésicaux. — Parmi les 1.000 fibromes du Professeur Hartmann, nous en avons trouvés 85 qui, sans rétention, déterminaient des troubles urinaires divers, de la pollakiurie tout particulièrement; mais, là encore, | -si nous considérons seulement la deuxième période d’hôpital, qui est plus longue et dans des conditions moins spéciales que la première, en dehors des 12 cas de rétention d'urine, nous trouvons 37 cas des troubles urinaires divers, soit sensiblement 3 fois plus que des cas de rétention. Dans l’ensemble, nous vovons que dans cette même période, sur les 588 cas, il y en à 49 avec des troubles urinaires signalés, depuis Fa simple dysurie jusques et y compris la rétention, soit 8, 35 %, ce qui est loin du shiffre de 66 % indiqué par Paul Delbet!?. Il n’en est cependant pas moins vrai que les troubles urinaires, à un degré plus ou moins marqué”suivant les cas, sont extrémement fréquents chez les femmes ayant un fibrome utérin. « Si l’on interroge systématiquement, à ce sujet,

écrit Brin’, les femmes ayant un fibrome, il est hien

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