‹ La Rétention d'Urine Dans Les Fibromes UtérinsChapitre 61 sur 83 · OBSERVATION LXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXIV

Legal Lassalle. — In thèse. Obs. LXIX (résumée).

Femme de 45 ans, entrée pour des troubles urinaires datant de quelques semaines; pendant tout ce temps, pollakiurie, douleurs à la miction et, d’après la malade, urines troubles.

Il y à un mois rétention d'urine. Pas de métrorragies.

À l’examen : la palpation permet de sentir au-dessus du pubis une tumeur arrondie et dure, bosselée, très mobile, remontant -à quatre travers de doigts au-dessus de la symphyse.…

Au toucher : le doigt pénètre dans le col qui est très dilaté et s'enfonce jusqu'à l’isthme. La lèvre antérieure est très petite, réduite à un liseré, et reportée très en avant ainsi que le cul-de-sac antérieur, la lèvre postérieure est conservée.

A travers la paroi du cul-de-sac postérieur, on sent une masse volumineuse, siluée en arrière du col utérin et semblant rétroutérine.

Dans la plus grande partie de son étendue, elle semble indé: pendante de l’utérus. Cependant, dans la base du ligament large, il semble qu’elle soit adhérente à la face postérieure du col.

Toute cette masse est enclavée dans la concavité sacrée. On ne peut la refouler en haut. Elle est très peu mobile.

Opération par le professeur Quenu. Volumineux fibrome du col. On commence par énucléer la tumeur, puis on fait une hystérectomie totale.

Suites opératoires normales:

OBsERVATION LXV.

Legal Lassalle. — In thèse. Obs. LXXI (résumée).

Femme de 43 ans. Règles abondantes depuis 3 ans. Il y trois mois, à 4 heures du matin, la malade ressent un violent besoin d'uriner.+Elle ne peut le satisfaire qu'à 8 heures du soir après avoir beaucoup souffert,

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Il y a un mois, nouvelle crise, pour laquelle on dut la sonder. Dernière crise il y a 15 jours à la fin de laquelle la malade finit par uriner normalement. Au toucher, on trouve un col normal, un utérus assez mobile, et une grosse masse faisant corps avec lui et mobile avec lui. Cette masse siège en arrière et refoule en avant le corps utérin.

Opérée par le Professeur Quenu. Gros utérus avec fibrome siégeant en arrière au niveau du col utérin. On doit le morceler pour l'enlever. Ablation de l'utérus et des annexes.

Guérison.

OBsERvATION LX VI.

Legueu. — Journal d'Urologie, 1912, page 33 (résumée).

Femme de 41 ans, envoyée pour une volumineuse tumeur abdominale. Toujours bien réglée. La malade s’est, aperçue, il y a 4 ou 5 ans, que son ventre augmentait de volume surtout depuis deux ans. Elle se plaint en outre d’uriner souvent et la fréquence de ses mictions augmente avec les années. Actueliement elle urine 3 et 8 fois dans la journée, deux fois la nuit, mais depuis un an environ, une grande difficulté de miction s’est jointe à la fréquence. La malade à de la peine à uriner, elle est obligée de faire effort, et à certains moments même, c’est à peine si elle peut émettre quelques gouttes, bien qu'elle ait un besoin très vif d’uriner. Elle urine environ un litre et demi par jour Malade pâle. Le ventre est énorme et pointe en avant même dans la position couchée. Au palper, on sent une tumeur ferme, dure qui remplit toute la zone sous-ombilicale et remonte jusqu'à un tra vers de doigt au-dessus de l’ombilic, au niveau de la ligne médiane, on sent la vessie légèrement distendue. Au toucher vaginal, le doigt rencontre la tumeur à quelques centimètres de la vulve, elle semble émergée de la partie postérieure du vagin dont le cul-de-sac postérieur n'existe plus. Cette tumeur remplit la cavite pelvienne, il est impossible d'arriver à sentir le col, le cathété. risme est impossible, car on ne trouve plus d’urètre, celui-ci élant remonté dans la paroi antérieure du vagin,

L'examen des urines donnait :

Quantité: r litre.

Phosphate : r gr. 21 (par litre).

Urée : 10 grammes.

Chlorure : 2 grammes.

A l'intervention, on trouve un cul-de-sac péritonéal antérieur remonté à mi-chemin entre le pubis et l’ombilic; la vessie très haute, couvre le devant de la tumeur. La tumeur est formée par un volumineux fibrome (7 kgr.) du segment postérieur du col utérin, occupant toute la cavité pelvienne. L’utérus est soulevé et forme un lobe qui était perceptible à doite et au-dessus de l’ombilic. Hystérectomie totale. Arprès décollement prudent de la vessie.

Guérison. Les mictions reprirent naturellement dès le premier jour. Au départ les urines étaient claires, l’analyse donnait :

Quantité : 2 I. 750.

Chlorure : 2 grammes par litre (7 gr. jo par 24 heures). Phosphate : 1 gramme par litre ( 3 gr. 25 par 24 heures). Urée : 3 gr. 8o par litre (21 gr. 25 par 24 heures). Traces d’albumine.

OBSsERVATION LX VII.

Lejars. — Comptes rendus de la Société d'Obstétrique, de Gynécologie et de Pédiâtrie, 1906.

Obs. XXIX, page 142 (légèrement résumée).

Femme de 42 ans, venue consulter parce qu'elle éprouvait des douleurs abdominales vives; que son ventre avait considérablement grossi et qu'une incontinence continue d'urine s'était produite; de temps en temps un peu de sang était mélangé à l'urine. Au palper de l'abdomen, on constata une tumeur irrégulière, non mobilisable, qui remontait jusqu’à l’ombilic; cette tumeur était située à la face postérieure de la paroi abdominale, elle sémblait faire corps avec elle surtout dans la zone de Retzius, qu'elle distendait et soulevait en relief; au toucher, on retrouvait au-devant du col son pôle inférieur et l'absence de mobilité se

confirmait en arrière, dans le cul-de-sac de Douglas, on sentait une tumeur moins dure qui semblait être le corps utérin.

Intervention : l'incision pratiquée, j’ouvris le péritoine très haut, non loin de l’ombilic, et je prolongeais prudemment la section de haut en bas; je découvris en effet une masse énorme qui émergeait du bassin, et remplissait toute sa moitié antérieure et au-devant de laquelle remontait une très grande vessie dilatée; en arrière de cette masse, on trouvait l'utérus, lui-même volumineux et refoulé en arrière. J'incisai le feuillet séreux pré-utérin, un peu au-dessus du cul-de-sac supérieur de la vessie et je le décollai peu à peu en le rabattant comme une vaste poche vide sur le pubis; la tumeur sous-jacente était étendue d’un côté à l’autre du bassin, descendait tout au fond de la cavité pelvienne et ne semblait nullement mobilisable; pourtant je commençais à la libérer un peu à la compresse suivant lentement sa face antérieure, descendant peu à peu, et poursuivant sur les côtés k travail de dissection; je parvins enfin à atteindre la limite inférieure de la masse, elle se laissa un peu relever, suffisamment pour que les ligaments larges ayant été pincés et sectionnés, le vagin pûl être incisé transversalement et en avant et peu à peu sectionné. Il restait, après cette hystérectomie totale une très large cavité cruantée, le vagin fut fermé, les ligaments larges péritonisés el la cavité fut rétrécie autant que possible par la suture du périloine voisin et finalement marsupialisée : un gros drain y fut laissé.

Il s'agissait d'un très volumineux fibrome diffus de la face antérieure du col qui s'était développé sous le péritoine en refoulant et comprimant la vessie, et en se prolongeant derrière la paroi abdominale; il était gros comme les deux poings. Dans les suites opératoires, il y eut de la rétention partielle pendant quelques jours, mais peu à peu la vessie dilatée reprit sa tonicité et son fonctionnement. Guérison.

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