OBSERVATION LXIX
Metzger. — Bulletin de la Société d'Obstétrique
et de Gynécologie de Paris, 1923, page 465.
Sage-femme soignée depuis quelques mois pour de la « cystite ». De temps à autre, elle était prise de rétention d’urine qui l'obligeait à aller se faire sonder par une de ses collègues, quelquefois en pleine nuit, car ses crises étaient extrêmement douloureuses par le besoin d’uriner sans possibilité de mictions. Cette personne très réglée habituellement n'avait aucun autre trouble. A l’examen, je trouvai le col reporté en haut et en avant au-dessus du pubis et regardant en bas; le Douglas était occupé par une tumeur dure, régulière du volume d’un tête de fœtus à terme, absolument fixée, immobile, non douloureuse.
Il était facile de reconnaître qu'il y avait un fibrome enclavé de la face postérieure de l’utérus, maintenu en rétroflexion irréductible. Pas de troubles de la défécation; le cathétérisme vésical que j'ai pratiqué fut très facile. J’ai opéré cette malade par hystérectomie sub-totale, il n'y avait pas d’adhérences. Les suites furent simples, les troubles vésicaux ont disparu aussitôt. Actuellement, l'intervention remonte à peu près à deux ans et tout va
bien.
OBsERVATION LXX.
Michon. — Annales des maladies des organes génito-urinaires, 1888, page 825, (résumée)
Femme de 56 ans, entre à la clinique des voies urinaires de l'hôpital Necker pour des accidents de rétention d'urine. Ménopause depuis trois’ans. Depuis deux mois, la malade a, de façon permanente, des besoins extrêmement fréquents d’uriner (15 à 20 fois par 24 heures, aussi bien le jour que la nuit) chaque fois elle ne rend qu ‘une petite quantité d'urine et au prix d'efforts considérables, mais sans douleurs vives.
A l'examen, urètre souple, laissant passer un explorateur n° 23. La vessie, même immédiatement après les mictions, contient une grande quantité d'urine absolument limpide. L'examen ‘endoscopique est facile à pratiquer avec 200 grammes de liquide; la muqueuse a sa coloration .et sa vascularisation normales, les orifices urétéraux ne sont pas dilatés. Sur la face postérieure de la vessie, en arrière des uretères et surtout à gauche de la ligne médiane, il existe une tumeur régulière recouverte par une muqueuse normale et trop volumineuse pour être saisie toute entière dans le champ du cystoscope.
Au toucher, utérus petit et en avant de lui et à gauche, on trouve une tumeur de volume du poing, régulière, dure, mobile, et dont les mouvements ne se transmettent pas au col.
À l'intervention, fibrome calcifié du volume du poing, situé en avant de l'utérus et réuni à lui par un pédicule. Le corps utérin est atrophié et se continue peu à peu avec le pédicule. Myomectomie. Guérison. Treize mois après la malade est revue : les mictions sont normales, la vessie se vide complètement.
OBsERVATION LXXI
Minvielle. — in thèse, (personnelle).
Obs. XXXIII, (légèrement résumée).
Femme de 4g ans. En février 1909 n'a pas vu ses règles et depuis, la marche et les stations debout provoquent des besoins fréquents d’uriner; ce besoin est impérieux et irrésistible, elle doit le satisfaire jusqu'à six fois par heure. Quand elle est assise,
elle passe facilement une heure sans uriner. La nuit, elle se lève 10 à 12 fois. Les urines sont claires et limpides. :
En mai, ses règles sont revenues, pas plus abondantes que par le passé, elles ont duré 4 jours. Elles ont été précédées de pertes blanches légères; mais elles s’accompagnaient de douleurs très violentes que la malade compare aux douleurs de l’enfantement. d
Avec ies règles disparaissent les douleurs, la pollakiurie seule persiste. En août survient de la difficulté à uriner. Au cours de la miction, la malade éprouve dans tout le canal une sensation de brûlure. La pollakiurie devient intense. La malade prend des pilules de thérébentine et boit abondamment; au bout de 24 heures, les douleurs disparaissent.
Le 1*novembre, la malade ressent un besoin pressant d’uriner; à peine avait-elle expulsé quelques gouttes que la miction s’arrête, et malgré tous ses efforts elle n’a pas pu réussir à vider sa vessie. Le >, elle voit un médecin qui lui ordonne de boire plusieurs litres de tisanes de chiendent, cette médication ne fait qu'accroitre ses douleurs.
. Le 3 novembre, elle se présente à la consultation du service de M. le Professeur Albarran, n'ayant pas uriné depuis 48 heures.
Le ventre est globuleux, très nettement bilobé, un sillon médian sépare les deux lobes qui remontent jusqu’à l’ombilic. La palpation confirme les résultats de l'inspection; elle nous permet, en outre, de sentir, dans la fosse iliaque droite, une tumeur dure, mamelonnée. Dans la fosse iliaque gauche, on a la sensation d’une poche liquide distendue qui n’est pas autre chose que la vessie. Par le cathétérisme, on retire, en effet, 1 litre et demi d’urine;-on voit la tuméfaction vésicale s’affaisser, bien qu'on ait laissé encore une certaine quantité de liquide dans la vessie.
Par les touchers, on constate que les culs-de-sac vaginaux ont disparu, envahis par la tumeur, qui bombe dans le vagin; le col effacé, maïs dilaté, est porté en avant et en haut contre la symphise pubienne contre laquelle il vient comprimer le col vésical. On fait le diagnostic de rétention d’urine par compression d'un fibrome utérin.
Le soir même, la malade entre à l'hôpital; elle est sondée vers 7 heures du soir; on retire 500 grammes d'urine. Vers 10 heures, la malade urine seule; au moindre mouvement, elle éprouve le
besoin de vider sa vessie; le début de la miction est pénible, elle est obligée de pousser.
Dans la nuit, du 4 au 5, la malade à uriné 10 fois; le 5 à 6 heures du matin, la miction est très douloureuse, vive sensation de brûlure le long du canal. À 10 heures, la malade demande à être sondée. Ses urines sont troubles et déposent abondamment au fond du bocal. Dans la journée, la malade est sondée plusieurs fois, car elle éprouve. de très fréquents besoins d'uriner.
Le 6, la malade voit venir ses règles, moins abondantes que par le passé. La malade ne peut uriner seule.
Le 8, les urines sont moins troubles, la sonde devient inutile et les douleurs s’atténuent, la pollakiurie, toutefois, persiste.
Le 9, on pratique la cystoscopie. L'urètre est comprimé, on éprouve quelque peine à introduire le cystoscope qui se trouve dévié de gauche à droite, d’arrière en avant, et de bas en haut, traduisant ainsi le déplacement de l’urètre. La paroi postérieure de la vessie est déformée et fait une saillie dans la cavité vésicale; la paroi latérale droite est déjetée à gauche. II a été impossible de trouver les uretères. La congestion vésicale n'est pas très marquée.
Le 10, la malade est opérée par M. Marion. La vessie, qui remontait au-dessus du pubis, fut évitée grâce à une incision haute du périloine. La tumeur, qui remplissait le petit bassin, fut facilement mobilisée, la vessie disparut alors dans le pelvis ct on ne la vit plus au cours de l’opération. On pratiqua l’hystérectomie lotale qui ne présenta rien de particulier.
La tumeur grosse comme deux poings d'adulte s'était formée dans la portion sous-isthmique de l'utérus avec développement antéro-latéral droit.
Le soir de l'opération, la malade urinait seule: l'urine, environ un litre, était trouble et rougéâtre. Depuis, la malade a toujours bien uriné et sans douleur. La fièvre a duré quelques jours. Les suites opératoires ont été bonnes et le 5 décembre, la malade quittait l'hôpital parfaitement guérie.