‹ La Rétention d'Urine Dans Les Fibromes UtérinsChapitre 9 sur 83 · ST · texte numérisé non relu

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Examen cysloscopique. — L'examen cystoscopique peut rendre parfois de très grands services; nous ne l'avons trouvé rapporté que dans quatre observations (obs. LX, LXX, EXXI et LXXV). L'introduction du cys toscope présente souvent quelques difficultés surtout en ce qui concerne la direction à lui donner pour le faire pénétrer; il est parfois nécessaire de l’incliner fortement, soit en bas et en arrière, soit latéralement. Une fois le cystoscope en place, on peut éprouver de la peine à le manœuvrer en raison de la déviation qu'il conserve. Chez la malade de Papin (obs. LXXV), qui était une femme maigre. la simple transparence montra une zone lumineuse s'étendant jusqu'à l’ombilic, indiquant que la vessie remontait jusqu'à ce niveau. Mais l’examen cystoscopique proprement dit, permet de se rendre compte de la situation et de la déformation de la vessie : il permet de constater des lésions de cystite ou l'existence de colonnes et de cellules, lorsque la rétention est ancienne. La recherche des uretères, tout comme chez les prostatiques, est souvent délicate. Dans trois des cas précédents, la cystoscopie montra l'existence d’une saillie recouverte de muqueuse saine et déterminée par la présence d’un fibrome. Il est vrai que cette constatation peut confirmer une erreur de diagonstic, comme chez cette malade non rétentionniste de Loumeau‘?, déjà citée, qui présentait des hématuries et chez laquelle un examen cystoscopique montra qu'il existait dans la vessie une

saillie recouverte par une muqueuse lisse mais très con-

westionnée. On conserva le diagnostic de tumeur vésicale déjà posé, alors qu'il s'agissait en réalité d’un fibrome sous-péritonéal de la paroi antérieure de l'utérus. Le cystoscope permet, en outre, de se rendre compte de la congeslion vésicale qui peut accompagner certains fibromes en dehors de toute rétention (Legueu’”, Loubat et Mange”). La cvstoscopie a également permis de mettre en évidence la congestion vésicale pendant la période mewstruelle. Zukerkandi, cité par Legueu*”, à même pu, dans ces circonstances, constater la présence de veines variqueuses. Nous verrons ultérieurement tout

l'intérêt que peut présenter cette congestion vésicale.

Diagnostic. — Le diagnostie de ces rélentions d'urine est en général très facile : les malades attirent ellesmêmes l'attention du côté de l'appareil urinaire et le globe hypogastrique, plus où moins développé, que l'on perçoit, disparaît après le cathétérisme. Ce n'est que dans le cas tout à fait exceptionnel, dont nous avons déjà parlé, de vessie parésiée, que le cathétérisme pourrait — si l’on ne prenait la peine de comprimer la vessie à travers la paroi abdominale — être insuffisant pour établir le diagnostic de rétention et conduirait à celui d'anurie. L'anurie par fibrome est très rare et nous n'en avons trouvé que quelques cas dans la thèse de Fraysse? et dans celle de Pellanda®?. Cependant, dans certains cas de rétention chronique incomplète avec distension et

mictions par regorgement, le caractère de ces dernières

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peut passer inaperçu et les faire prendre pour des mictions normales, surtout si, comme dans les observations XXIII, XLVII, XCI et XCIV, la vessie, sondée, se vide incomplètement. Ceci peut même entraîner une erreur de diagnostic et faire prendre le globe vésical pour un kyste de l'ovaire (obs. XLVIIT, XCI, XCIV). Dans l'observation XCIV (1874), cette erreur entraîna une ponction de la vessie au trocart. La fausse incontinence que l’on trouve également dans certains cas de rétention chronique avee vessie distendue (obs. X, XXII, XLVI. L, LE, LIX, EXI et LXVID), ne doit pas être confondue avec l'incontinence véritable dont nous avons signalé l'existence mais qui est extrèmement rare.

Le diagnostic de rétention d'urine étant posé, il est surtout important de rapporter cette rétention à sa cause véritable, ce qu'un examen gvynécologique attentif fera aisément. Or, il est bien certain que de toutes les affechons gynécolôgiques, le fibrome est le plus gros facteur de rétention d'urine, à tel point qu'il est possible d'en faire le diagnostic à distance (Siredey°”!'), surtout si cette rétention coïncide avec l’époque menstruelle.

Cependant, indépendamment des affections inflammatoires et des rétroversions d’utérus gravides qui peuvent s'accompagner de rétention d'urine, nous avons trouvé quelques cas d’affections gynécologiques, accompagnées de rétention d'urine telles. que : rupture de grossesse tubaire (Muret®°, obs. VI), fibrome de la paroi postérieure

du vagin (Patel”"), fibrome de la’ face antérieure du

res

vagin (Gaudichon’', cbs. 1), kyste dermoïde des deux ovaires (Chalier!*), allongement hypertrophique du col (Delbet?!), kyste hydatique du bassin (Hartmann“!), etc...

Nous avons trouyé peu d'observations de kyste de l'ovaire ayant déterminé de la rétention d'urine. Les kystes de l'ovaire donnent très rarement des troubles urinaires (Terillon°*, Fraysse**); cela tient probablement à ce que les kystes de l’ovaire naissent latéralement au niveau du détroit supérieur, qu'ils prennent un développement abdominal dès qu'ils sont volumineux, et que,

de plus, il s’agit de masses liquides.

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