‹ La rétention du fœtus mort dans la grossesse extra-utérineChapitre 29 sur 55 · LÉ É · texte numérisé non relu

LÉ É

La plupart du temps, elle sera prise pour une femme atteinte d’une affection gynécologique.

Les étiquettes les plus variées peuvent être mises sur son cas, car on ignore l'existence de la grossesse.

Le diagnostic est encore bien plus délicat quand on a affaire à une femme quia vu reparaître ses règles et qui a, depuis longtemps, oublié la période où elle avait cru ou supposé être enceinte. :

Le cas est à peu près impossible à diagnostiquer si on se trouve devant une femme à nouveau enceinte, d'une grossesse utérine normale, chez laquelle rien ne peut faire soupçonner une rétention ancienne de fœtus ectopique mort.

La plupart du temps, on ne diagnostiquera, dans ce cas, qu'une tumeur para-utérine qu’on appellera, selon les cas : kyste, tumeur solide de l'ovaire, fibrome calcifié, etc.

C’est ce qui se passe presque toujours lorsqu'on se trouve en présence d’une femme portant un lithopædion depuis très longtemps.

Seule, l'étude approfondie de l’anamnèse et un examen radiologique peuvent apporter une solution à ces cas obscurs.

Dans le cas du lithopædion, les antécédents et les commémoratifs laissent perplexe le médecin qui doute.

Cependant, la femme souffre souvent, par intermittence, sans aucune complication fébrile.

A l'examen, on trouve une tumeur para-utérine, ovoïde, à grand axe transversal (petit fœtus transversal). Cette tumeur est dure, fibreuse, de consistance variable, peu uniforme.

L'utérus est déplacé en avant dans sa totalité ; le col est rétro-symphysaire ; le kyste fœtal est derrière l'utérus et élevé.

Si l'on est absolument sûr de l'absence d’une grossesse actuelle utérine, peut-être y aurait-il intérêt, dans ces cas, à pratiquer un examen radiologique, après injection intrautérine de lipiodol faite sous le contrôle de l'écran.

En tout cas, le diagnostic de rétention du fœtus mort est extrêmement important à établir, car si on n'intervient pas, des accidents graves peuvent toujours survenir.

Et alors, dans ces cas, le tableau clinique peut être infini-

ES y

ment polymorphe, et simuler de nombreuses affections. On verra, ainsi, des formes cliniques où le premier plan est occupé par une occlusion intestinale ; par une péritonite gé- - néralisée rapidement mortelle ; par un abcès qui se fistulise en des points extrêmement variables.

Dans ces cas très anciens, le diagnostic avant l'intervention est très difficile, sinon impossible.

La lecture du pararaphe des complications et du paragraphe différentiel diagnostic fera comprendre l'infinie variété des formes cliniques.

Complications de la rétention du fœtus mort ectopique.

Comme nous l’avons déjà entrevu à différentes reprises, les complications sont nombreuses et redoutables. Elles peuvent survenir dans les rétentions les plus anciennes, comme dans les plus récentes ; dans les rétentions où rien de pathologique n’a pu les faire prévoir, comme dans les cas où de petits accidents les ont déjà fait craindre.

Elles peuvent survenir à l’improviste et éclater soudainement avec violence et être parfois rapidement mortelles.

C’est par crainte de ces complications, que, de nos jours, l’'abstension n’est plus de mise ; il faut intervenir dès que le diagnostic est posé, à condition que les phénomènes de - régression vasculaire du placenta et du sac aient eu le temps de se produire.

La rétention peut durer plusieurs années sans complication ; mais on ne doit pas compter sur cette rétention aseptique ; en effet, le plus souvent, il se produit des accidents infectieux qui commandent l'intervention.

Le diagnostie des complications n'est aisé que si l’on soupçonne l'existence d’une grossesse et surtout d’une grossesse ectopique.

Lorsque la poche s’infecte, si l’abcès se vide dans une cavité viscérale, ou s’il s'ouvre à la paroi, la présence de débris de squelette permettra de reconnaître l’origine de la suppuration.

En tous cas, on se rappellera que la rétention du fœtus mort ectopique est, en elle-même, une véritable complication, car même s’il n’y a pas d’accident, elle gêne par son

volume ét par son poids. De plus, la femme est exposée aux accidents de rupture et de péritonite.

Les complications de la rétention du fœtus mort sont nombreuses, elles peuvent être d'origine mécanique, ou d’origine infectieuse (Confert, l'Anatomie Pathologique).

Les principales sont :

La rupture du kyste fœtal;

Les hémorragies secondaires et le décollement partiel du placenta (hémorragie interne) ;

La compression des organes voisins (rectum; uretère, vessie, vaisseaux iliaques) ;

La gêne du diaphragme (troubles respiratoires);

L'obstruction intestinale chronique ;

L'occlusion intestinale aiguë.

L'infection du kyste, si elle est cloisonnée par des adhérences (poussées de péritonite chronique), peut aboutir à la suppuration, à l'ouverture et à la fistulisation du kyste fœtal infecté à la paroi abdominale (ombilic, hypochondre, hypogastre, fesse, périnée, fosse rénale) ou dans un viscère (rectum, vessie, utérus, vagin, intestin).

Des séquestres de squelette fœtal peuvent ainsi s’éliminer par des fistules interminables avec un pus mal lié et fœtide.

(On a pu retrouver un lithopædion dans la vessie.)

Ces fistules ont peu de tendance à guérir. Elles ne tarissent pas ; la suppuration s’entretient et la malade finit par mourir de cachexie et de dégénérescence amyloïde généralisée,

Ou bien, ces fistules peuvent donner naissance à des péritonites généralisées, à des septicémies, à des pyohémies mortelles.

D'ailleurs, l'infection du kyste fœtal peut très rapidement faire éclater une péritonite foudroyante qui tue en quelques jours, lorsque les micro-organismes sont hypervirulents.

C’est pour prévenir toutes ces complications redoutables qu'il faut intervenir pour extirper le fœtus retenu mort.

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