RENFORCEMENT DU CLICHÉ
que le cliché blanchit un peu, c'est le moment de le regarder par transparence et de s'assurer des modifications qui se sont produites ; l'image est un peu plus accusée et légèrement opa.line; c'est ce degré d'opalinité dont il faut tenir compte pour arrêter le renforcement; plus ce nouvel état sera marqué, plus vigoureux sera le cliché une fois l'opération terminée.
Il reste à laver la plaque, alin de chasser toute trace de bi-clilorure : cette dernière opération devra être faite avec plus de soin si l'on s'est servi de sel pour aider à la dissolution -du bichlorure que si l'on avait employé l'alcool.
Si l'opération était arrêtée à ce moment, !e résultat serait insufQsant, le renforcemenln'aurait pas la stabilité qui s'impose et la conserva- Lion du cliché serait compromise. 11 est donc nécessaire de transformer la combinaison qui s'est formée entre l'argent réduit du cliché et le bi-ehlorure de mercure. On obtient ce résultat en plongeant le cliché dans un bain composé de :
Eaa 80 grammes.
Ammoniaque du commerce. ... 20 —
Dès que la couche est en contact avec ce
liquide, elle se marbre de taches brunes et ne larde pas à noircir de partout; il faut attendre que l'action soit complète, non seulement sur toute la surface du cliché, mais dans toute son épaisseur, ce dont on s'assurera en constatant au verso qu'il n'y a plus de taches blanchâtres.
Ce résultat est absolument indispensable si l'on tient, non-seulement à conserver le cliché, mais encore à ce qu'il conserve lui-même les relations nouvelles qu'il vient d'acquérir.
Le cliché est alors rincé, frotté légèrement avec un tampon de ouate et enfin mis à sécher.
Il faut tenir compte qu'avec certaines émulsions les clichés, en séchant, « montent » encore un peu, c'est-à-dire qu'ils sont plus opaques quand ils sont complètement secs qu'au moment où on les a mis à sécher.
Avant de terminer nos indications concernant le renforcement, nous croyons devoir mettre en garde nos lecteurs contre Tapplication irraisonnée qu'on en pourrait faire.
On devra bien se garder de renforcer un cliché qui manquera de pose (ceux dont les parties ombrées ne sont pas assez venues).
Le développement agit sur la couche impres-
henforcbhent dit cliché 21
sionnée et réduit l'argent qu'elle contient, en raison de la modification plus ou moins grande qu'elle a subie sous l'influence de la lumière. Si l'impressionnement a été incomplet, c'eslà-dire si la pose a été trop courte, l'argent pourra bien être fortemenl réduit par le développement dans les grandes lumières, il le sera très peu dans les demi-teintes, mais dans les ombres, il ne le sera pas du tout.
Nous venons de citer ie cas de renforcement d'un cliché qui n'avait pas été assez poussé au développement, il était seulement léger; par le traitement que nous lui avons fait subir, les relations existantes se sont accentuées et le cliché est devenu meilleur, sinon parfait.
Mais là, nous avions des détails partout, c'està-dire une couche d'argent réduit dans des proportions harmonieuses mais légères, nous avions partout un support, de quoi asseoir une nouvelle couche destinée à nous donner plus d'opacité. C'est ce que nous avons obtenu par la combinaison du bi-chlorure avec le nilrato d'argent réduit.
Mais si nous tentons la même opération sur un cliché incomplet qui n'a pas déjà tous les
détails, dans toutes ses parties, nous pourrons bien renforcer ceux existants mais au détriment des endroits qui ne sont pas, ou qui sont incomplètement venus.
Le renforcement ne fait pas venir les détails, il ne peut qu'accentuer ceux qui existent, mais si déjà ceux-là manquent d'harmonie, ce défaut ne fera que s'aggraver par le renforcement.
Réductioa des clichés
Il arrive souvent que les clichés sont bien venus de partout mais qu'ils sont trop opaques dans leur ensemble. C'est le défaut opposé de celui que nous venons de décrire.
La pose a peut-être été un peu dépassée ou bien le développement a été poussé trop loin. Cette faute provient souvent d'un faux jugement au laboratoire: on a mal apprécié les relations du cliché que Ton développait et, alors, on a dépassé le but.
Il arrive souvent aussi que le trop d'opacité provient d'un changement de plaques parce que les nouvelles n'ont pas les mêmes aptitudes, les mêmes tendances que les précédentes. On était
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habitué à pousser le développement jusqu'à un degré donné, qu'on avait jugé nécessaire, pour conserver après le fixage Tintensité voulue.
Cette habitude prise, on a agi avec les nouvelles plaques comme on le faisait avec les anciennes, mais comme les dernières ne sont pas de même nature que les précédentes, on constate, après fixage, que le cliché a conservé plus de vigueur, plus d'opacité que celles sur lesquelles on comptait.
Si Ton imprime d'un tel cliché une épreuve sur papier, les lumières manqueront de détails, à moins de pousser la venue des ombres trop fortement. C'est là ce qu'on appelle un cliché dur; si on l'examine par transparence, on trouve bien dans les ombres des détails superbes, très bien venus et cependant l'épreuve imprimée ne les montre pas.
C'est que pour essayer de faire venir les détails dans les lumières on s'est cru obligé de pousser l'impression très loin, on n'y est point parvenu, car les ombres qui, au début de l'impression, étaient admirablement venues, se sont empâtées peu à peu pour finir par disparaître quelquefois complètement.
Dans un cas semblable, qui se présente assez souvent, le remède est facile et réussit généralement assez bien, mais comme pour le renforcement, il faut savoir l'appliquer avec discernement, c'est-à-dire seulement aux clichés qui sont dans les conditions voulues pour qu'il leur profite et surtout qu'ils puissent le supporter, car ceux qui n'auraient pas tous les détails nécessaires deviendraient plus durs encore.
Gomme le renforcement, la réduction ne peut s'appliquer qu'aux clichés qui ont tous les détails, partout, aussi bien dans les lumières que dans les ombres; si ces dernières manquent de détails, nous le répétons, c'est que le cliché manque de pose, et ce défaut est un vice rédhibitoire, d'origine, qui le condamne à la médiocrité.
Donc, seuls les clichés qui présenteront trop d'intensité dans leur ensemble pourront être réduits avec un succès complet, et quelquefois même surprenant.
Pour remédier aux clichés manquant de pose, on trouvera dans la partie qui va suivre : « Modification des relations du cliché », les movens d'en tirer le meilleur parti possible.