‹ La retouche du cliché: retouches chimiques, physiques & artistiquesChapitre 6 sur 15 · RÉDUCTION DU CLICHÉ · texte numérisé non relu

RÉDUCTION DU CLICHÉ

Opération de la réduction

Pour opérer la réduction, on fera les solutions suivantes :

Eau 500 grammes.

Ferricyaaure de potassium.. . . 5 —

No 2

Eau 500 —

Hyposulfite de soude 50 —

On mélangera par parties égales, de ces deux solutions, ce qu'il en faudra pour recouvrir le cliché à réduire et après l'avoir fait tremper pendant cinq minutes dans l'eau, on le plongera dans le bain réducteur qu'on agitera à sa surface et dont on surveillera Taction, car elle est continue, quelquefois même un peu brutale.

Il faudra bien veiller à ce que les demiteintes ne soient pas attaquées, car ce sont elles qui doivent lier les lumières et les ombres. C'est là comme en musique : il y a entre le chant et les basses des parties intermédiaires qui, par elles-mêmes, sont sans grande importance, mais qui, cependant, mettent en valeur et en harmonie les parties extrêmes.

Nous venons de donner pour la retouche chimique du cliché des moyens d'amélioration qui rendent d'excellents services, mais qui ne parviennent pas toujours à donner toute satisfaction, les résultats peuvent être parfois incomplets, insuffisants, mais ne vous en préoccupez pas trop, nous ne nous en tiendrons pas là, nous avons bien d'autres subterfuges que nous allons indiquer. Nous les appellerons :

La retouche physique est la retouche matérielle du cliché. Dans les diverses applications qu'on en peut faire, chacun emploie ses aptitudes, qui parfois confinent à Tart. Nous parlerons en dernier lieu des tentatives faites dans cet ordre d'idées, mais nous jugeons que tout ce que la main, aussi habile soit-elle, peut tenter, ne donnera jamais cet accent de vérité, cette pureté de modelé vrai, exact autant que vigoureux, que donnent, sans le moindre subterfuge, les clichés bien venus.

Nous venons de décrire ce que Ton peut faire chimiquement pour amener le cliché à un état

ir, sans sortir des moyens naturels s par les connaissances estiiétiques et ues dont on dispose; nous allons mainindiquer les ficelles de métier, susceplîcompléter les modifications antérieures, enforce, on réduit un cliché, mais ce îvait dès sa naissance des tendances, une l'être dont il a refusé de se déparlir ment. Les remèdes administrés ont re amélioré son état, mais le résultat 3 pas être complet. Enfin, nous sommes ience d'un malade qui va mieux assurénais pour le mettre complètement sur I lui faut encore des soins nombreux, lions les lui donner.

>rd, pour toutes les retouches matérielles itiques qu'on peut avoir à exécuter, voici ont les accessoires indispensables :

avant tout un bureau à retouche ayant ns 0'"27 carrés, il est impossible de rien de sérieux sans lui.

î à sa disposition, on a devant soi, ; s'il était posé sur une table à écrire ou ner, le cliché éclairé par une lumière qui 1 de voir et d'étudier ses détails les

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plus minutieux, de même que ses relations

exactes.

Il faut ensuite une tablette de couleur noire, une de laque carminée, un flacon do gouache jaune, quelques pinceaux bien pointus de diverses forces, un crayon dur, un autre un peu plus tendre, un flacon contenant du vernis mat, puis des eollodions teintés à l'aniline rose et bleue, un flacon de vernis mattolin, une estompe et de la plombagine. Les crayons seront bien taillés, la mine devra dépasser le bois d'un bon centimètre au moins et la pointe effilée sera d'abord appointée soigneusement sur un papier éraeri très fin et ensuite sur un morceau de

bristol un peu rugueux ; enfin, on l'essuiera pour la débarrasser de tout excès de plombagine.

Le noir sera délayé sur une petite palette en porcelaine ou bien sur le fond d'une soucoupe; tout à côté on détrempera un peu de laque carminée.

Voici donc les armes prêtes, il s'agit maintenant de livrer bataille ! Mais il ne faut pas s'attendre à la gagner sans tactique et sans combat, car une grande légèreté de main et une certaine expérience s'imposent.

Pour acquérir ces deux qualités indispensables, il n'y a qu'à suivre les conseils que nous allons donner.

Retouche des clichés de paysage

Le cliché à retoucher sera mis sur le bureau à retouche, là on l'examinera attentivement et on observera la nature des taches que l'on doit faire disparaître, mais on aura imprimé préalablement une épreuve qui aura été virée comme si l'on devait la conserver, et cela surtout pour bien se rendre compte des relations du cliché afin de pouvoir remédier, comme nous allons

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l'indiquer, au manque de relation qui pourrait exister.

La première retouche qui s'impose est le repiquage des petits points blancs qui déparent souvent l'épreuve la mieux venue, aussi artistique qu'elle soit. Tous ces points, qui se traduisent en noir sur le papier, doivent disparaître; les uns sont dans le ciel qui peut être ou transparent ou très opaque, — cela dépend des relations du cliché, — d'autres se trouvent dans les détails qui ont eux aussi des relations particulières; et enfin les taches ne sont pas toutes de même nature, les unes laissent le verre presque à nu, d'autres ne sont que demitransparentes.

Ce qui doit être fait, ce qui s'impose, c'est d'appliquer des pièces invisibles ; il faut dissimuler ces divers accidents en harmonisant avec le fond la teinte que l'on doit appliquer, d'après l'opacité plus ou moins grande de la partie sur laquelle se trouve la tache.

On attaquera en premier les points demitransparents à l'aide du crayon, très légèrement d'abord, puis en appuyant un peu plus au besoin. Quelquefois le point disparaîtra après.

cette tentative, surtout s'il se trouve sur une partie équivalente à la teinte du crayon, mais ne vous y fiez pas, passez légèrement le bout de votre petit doigt et assurez -vous que le défaut a bien disparu, qu'il n'est pas seulement dissimulé sous l'écrasement du crayon.

Si la tache apparaît de nouveau recommencez, mais cette fois au lieu de pointer, frottez le crayon comme si vous vouliez faire des hachures et cela avec un peu d'insistance.

Si la teinte du crayon, trop légère, était impuissante à dissimuler le défaut, abandonnezle pour le reprendre plus tard à l'aide du pinceau et de la couleur, soit noire, soit mélangée de carmin.

Quand on sait manier le pinceau, il est possible de dissimuler n'importe qu'elle tache avec toute teinte à peu près assortie. C'est la touche, c'est-à-dire la façon dont le pinceau est posé et la couleur plus ou moins épaisse ou diluée dont on se sert, qui permettent d'atteindre ce résultat.

Le pinceau plus ou moins chargé de couleur mais presque à sec, est dans la plupart des cas ce qui réussit le mieux.

Quand une tache se trouve sur une partie à peu près opaque, on emploie pour la dissimuler de la couleur noire très peu liquide, et on applique le pinceau sur l'accident sans en dépasser les bords. Si, au contraire, la partie sur laquelle se trouve la tache a une certaine transparence, on devra employer de la couleur plus claire, mais presque à sec, et rappliquer avec les mêmes précautions. Dans le cas où la réparation serait légèrement insuffisante, on pourra, quand la couleur sera sèche, la renforcer à l'aide du crayon plus ou moins foncé ; la teinte supplémentaire qu'il donnera sera facilement retenue par le grain de celte première couche de couleur.

Si le fond sur lequel se trouve la tache est très léger le crayon seul pourra parfois suffire.

Les points opaques, qui, sur papier, feraient des taches blanches, seront enlevés à l'aide d'un grattoir, mais superficiellement, il ne faut pas attaquer la gélatine. La trop grande transparence qui pourrait résulter de ce grattage serait alors facilement réduite au point voulu par le crayon et au besoin par la couleur.

Le repiquage des clichés est Tune des petites

choses qui présentent, pour beaucoup d'amatears, de grandes difficultés. Nous en connaissons de très soigneux, de très adroits, qui y ont renoncé, n'ayant jamais pu mieux faire que de placer la pièce à côté du trou; mais aussi, voici comment s'y prennent la plupart :

A Taide d'un pinceau souvent trop gros, qu'ils chargent outre mesure de couleur trop liquide, contre un carreau de vitre, à la façon de l'ours de la fable, ils appliquent sur une petite tache peu apparente, un véritable pâ...té; le défaut n'était qu'un petit accident, le pâté fait un malheur ! Parce qu'alors voici ce qui en résulte : la couleur trop claire et en trop grande quantité a bavé, s'est répandue autour de la tache qui, elle, n'est pas du tout dissimulée, mais la teinte additionnelle, qui a été absorbée par la gélatine, forme autour du point noir une sorte d'auréole du plus disgracieux effet.

Nous répéterons qu'il est bien essentiel d'assortir la densité de la couleur que l'on emploiera avec la teinte du fond sur lequel se trouve la lâche et de ne pas trop en charger le pinceau, c'est le seul moyen de ne pas dépasser les contours du point qu'on a à faire disparaître.

Dans la retouche, la laque carminée est surtout employée pour éclaircir un peu le npir avec lequel on la mélange.

9lodiflcations dos relations du cliché

Comme nous Tavons déjà dit, il est des cas où la réduction ou le renforcement ont été impuissants à la complète amélioration des clichés, ils présentent encore parfois certaines parties dont les relations ne sont pas en harmonie avec l'ensemble.

S'il existe, par exemple, des endroits un peu légers dans un ensemble bien venu, et qu'on n'aie pas jugé nécessaire de renforcer tout le cliché dans la crainte de donner trop de vigueur à certains détails, à certains effets qu'on a voulu ménager, on peut, sur la gélatine, avec une estompe en cuir et très peu de plombagine, rehausser ces parties. Si ce sont de grandes surfaces, on pourra se servir du bout du doigt médius au lieu de l'estompe, ou bien encore avoir recours aux réserves dont nous parlerons plus loin.

Le défaut dont nous voulons parler se cons-

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