PREFACE
Voici le troisième volume de nos études sur l'histoire militaire de la Révolution. Il n'est pas le moins curieux. Il retrace les singulières négociations qui suivirent la canonnade de Valmy et la retraite lamentable de Tannée prussienne. Il complète le tableau que nous avons tracé, dans nos volumes précédents, de la première armée de la Révolution. Il expose la fin de cette campagne de 1792 qui devait tout terminer et qui commença tout.
pas Tadresse, l'activité, Texpérience des grandes affaires. Bailleurs tous les ambassadeurs quittèrent Paris après le 40 août ; Dumouriez mena les négociations en môme temps que la guerre ; Lebrun ne fit doqc rien de très QUla durant l'invasion prussienne ^
Le Genevois Glavière possédait, de môme que ses deux collègues de la Gironde, Roland etServan, une grande faculté de labeur et de précieuses connaissances dans sa spécialité. « Voyez cette tôte chauve, disait de lui Mirabeau, je ne fais rien sans la consulter, o Mais 11 n'avait de l'énergie que Tapparence : très ambitieux, rôvant depuis Bon arrivée à Paris d'habiter le ministère des contributions publiques et de réussir oii son compatriote Necker avait échoué, fertile en projets, plus sagace que sensé, pointilleux, irascible, opiniâtre dans ses vues et emporté dans la discussion, faible néanmoins, manquant de caractère, incapable de manier les ressorts de la machine révolutionnaire. Toute son attention se tourna vers Genève et Tarmée du midi. Chassé de sa ville natale en 4781, il voulait renverser le parti qui Tavait proscrit. Ennemi secret de Montesquieu, jaloux des aptitudes financières que ce géuéral avait montrées à l'Assemblée constituante, il mit tout en œuvre pour obtenir sa destitution *.
Roland, intègre et droit, parlait au lieu d'agir ; il protestait sans cesse de son honnêteté ; il offrait sa démission et ne la donnait pas; il ne savait qu'écrire et écrire encore; ses lettres diffuses, qui couvraient les murailles et remplissaient les journaux, ne contenaient que d'inutiies plaintes et d'impuissants regrets sur l'anarchie de la France et mr la domina tioa jacobine.
' X^lmia, dit PrudhornsM {Mévol, de Paru, n» 173, 240), poursuit M WaoffRe aasQx roodemeot ; il la connaît, d'ailleurs elle n'a jamais M ai facile à cooduire; son journal lui donnait plus de mal que le dépjiitniant des nffîiires étrangères. Voir sur Lebrun Dumouriez, téjàJL Barrière) Mém,, II, 49 ; iksmouUns, Mist, d$s Britsaiins, 43.; Fmtar, qui le vil rannée suiyanle, le juge < faible et timide > .
• U^mm Roland, Mém,^ 1827, 1, 385; Dumont, Souvenirs, p. 1831 , 899; DtBWiiriast, Mém,y I, 341-342, et Servan, Notes sur les Mém.^ xiv ; UfakTeite, M4m,, 1837-38, III, 311; Clermont-Grallerande» M4m., 1826, UI, 452; Beugnot, Mém,, 1827, I, 255; Buzot, Mém,, 74.