‹ La retraite du Sacre-CœurChapitre 108 sur 180 · I. Gravité du péché de saint Pierre · texte numérisé non relu

I. Gravité du péché de saint Pierre

Le Sauveur. — Oui, il faut bien le refonnaitre, vous m'avez renié en quelque sorte toutes les fois que vous n'avez plus vécu comme mon disciple, toutes les fois que vous avez négligé et abandonné ma loi et mes conseils, votre règle et les résolutions que je vous avais inspirées.

Voyez la gravité du péclié de Pierre, mais le vôtre est-il moindre?

PieiTe tombe malgré les professions do foi les plus éclatantes. C'est lui qiri a prononcé le : Tu es Christus, filius Dei vivi. Il m'a fait tant de protestations de fidélité à diverses reprises.

Et vous, vous m'aviez fait aussi bien des promesses : celles de votre baptême, i-enouvelées à l'âge de discernement, et des résolutions de retraites, et des promesses plus solennelles, si vous êtes prêtres et religieux.

Pierre me renie malgré tous les avertissements, toutes les lumières, toutes les faveurs qu'il a reçues. Il avait été au Thabor. Il avait assisté à tous mes miracles. Je le prenais avec moi, même quand je ne prenais pas les autres, par exemple au beau miracle de la résurrection de la fille de Jaïre. Il a eu plus de grâces que les autres ; c'est à lui que j'ai pu dire : Tu es bienheureux parce que mon Père t'a enseigné lui-même : Beatus es, Simon Barjonas, quia non caro aut sanguis revelavit tib?, sed Pater meus cœlesiis. iMatth. xvi.) C'était un ami privilégié de mon Cœur.

Mais vous, n'avez-vous pas reçu aussi bien des avertissements, bien des lumières, bien des faveurs? N'avez-vous pas été comblé de grâces et de lumières, et dans les événements extérieurs et dans vos oraisons, dans vos lectures et en mille circonstances ?

Pierre me renie malgré la faiblesse de la tentation qui le sollicite. C'est la crainte d'une servante, c'est un motif futile de respect Immain qui le fait tomber.

Il pèche jusqu'à trois fois. Il accentue sa négation, et cela dans un moment cruel pour moi, quand il aurait dû consoler mon

Cœur si douloureusement blessé par les mépris et l'abandon de tous. Hélas! vous aussi, vous avez souvent cédé à des tentations bien faibles, vous avez renouvelé vos fautes plusieurs fois, à une époque où je suis si gravement offensé par les impies, par les sectaires, par les suppôts de Satan, et où je devrais trouver consolation auprès de mes amis, auprès de ceux que j'ai comblés de mes grâces.

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