‹ La retraite du Sacre-CœurChapitre 109 sur 180 · II. Les causes de sa chute · texte numérisé non relu

II. Les causes de sa chute

Pourquoi Pierre toïnbe-t-ii si facilement et si gravement? Ah! c'est qu'il était présomptueux, négligent et imprudent.

Il ne savait pas se défier de lui-même, vous l'avez remarqué dans l'Evangile. A la Cène, quand je les mets tous en garde contre la grande épreuve qui les attend, Pierre me contredit à plusieurs reprises, sa présomption l'aveugle. — Vous ne pourriez pas, leur dis-je, me suivre maintenant où je vais. (Je voulais parler de ma Passion.) — Pourquoi pas, répond Pierre, je donnerais ma vie pour vous. — J'insiste, je les avertis qu'ils seront scandalisés la nuit suivante à mon sujet. Pierre ne sait pas douter de

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lui-même. — Si les autres le sont, dit-il, moi je ne le serai pas. — Je suis obligé alors de descendre au détail et de prophétiser clairement à Pierre son reniement, afin que sa foi ait plus tard un appui dans cette prophétie. Je lui annonce qu'il me reniera trois fois avant le chant du coq. Mais il s'étom^dit en parlant! il est prêt à mourir pour moi. (Jean xni. — Marc xrv.)

Vous voyez l'écueil à éviter. Restez dans la crainte et la défiance de vous-même.

Pierre n'est pas seulement présomptueux, il est négligent et tiède. Malgré mes avertissements répétés, à Gethsémani, il dort et ne prie pas : Orate, ne intretis in tentaiioneyn. — ShnoUy dormis, vigilate et orate . (Luc, XXI. — Marc xiv.)

La vigilance et la prière protègent efficacement contre les traits du démon.

Pierre est encore imprudent. Il s'expose aux occasions, il va au milieu de ceux qui rient de mes humiliations. Il se chauff'e mollement avec eux. Comme il me montre peu d'afiection à ce moment-là! Devait-il se chauffer et jaser dans les conjonctures où j'étais ? Pouvait-il oublier ainsi les angoisses de mon Cœur.

Instruit par cet exemple, fujez la dissipation, les distractions inutiles, les conversations mondaines. Tenez-vous dans des dispositions d'amour envers moi, qui feront votre force.

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