‹ La retraite du Sacre-CœurChapitre 114 sur 180 · I. Jésus est notre roi · texte numérisé non relu

I. Jésus est notre roi

Le Sauveur. — Il est bien vrai que je suis devenu votre roi. J'ai acheté la couronne d'or par la com^onne d'épines. Tous étiez tous esclaves du démon pai^ le péché d'Adam. Je vous ai rachetés, j'ai payé vos dettes en expiant pour vous tout ce que vous deviez à la justice de mon Père. Je l'ai fait pom* vous remettre à mon Père et à son service. Mais mon Père vous a laissés entre mes mains. Vous êtes ses servitem^s, mais il m'a constitué votre chef et votre roi. C'est moi qui ai mission de vous conduire,

de diriger VOS travaux, et plus tard je vous conduirai à la récompense et au repos éternel.

J'ai expliqué cela clairement à mes disciples. Saint Matthieu et saint Jean vous le rapportent dans l'Evangile, et saint Paul le répète dans ses Epîtres. C'était d'ailleurs le sens des prophéties et des psaumes. Mon Père m'avait promis une royauté universelle. (Ps, 2. — Ps. 109.) Mon Père a tout mis en mon pouvoir, disais-je à mes disciples : Omnia mihi tradita sunt a Pâtre meo. (S. Matth., xi.) Et je leur en donnais le motif : C'est que mon Père m'aime extrêmement, non seulement parce que je suis son Fils, mais parce que j'ai restauré sa gloire, j'ai payé la dette des hommes, j'ai donné ma vie pour l'honneur de mon Père et poiu* le salut de mes frères.

Mon Père m'aime et il m'a donné tout pouvoir : Pater diligit Filium et omnia dédit in manu ejiis. (Joann. m, 35.) Il m'a ti-ansmis ses droits et m'a fait héritier de sa ])uissance royale sur les hommes rachetés : Quera constitidt Pater hœredem universorurn. (Hehr. 1, 2.) Il a tout soumis à mon pouvoir et m'a fait le clief de l'Eglise :

Omnia subjecit Pater sub pedibus ejus et ipsum dédit caput super omnem Ecclesiam.

(Eph. 1, 22.) Vous avez reconnu ma royauté et mon autorité dans les professions de foi de votre baptême. Vous avez rejeté la royauté de Satan et celle du monde pour ne reconnaître que la mienne. Vous avez cent fois promis à mon cœur de le laisser régner en vous.

Si vous êtes prêtre et religieux, vous êtes devenu un serviteiu' plus intime, et nécessairement plus obéissant et plus dévoué.

IL Cotnment Jésus-Christ règne en nous.

Mais comment s'exerce mon règne? Vous le savez, je veux d'abord régner dans vos cœm^s, avant de faire de vous des apôtres pour étendre mon règne sur les âmes. Je veux régner dans vos cœurs par ma grâce et par mon esprit. Un autre esprit que le mien y a pris pied, c'est l'esprit du démon et du monde, c'est l' amour-propre, la sensualité et la cupidité.

Vous y avez trop cédé jusqu'à présent. Vous avez trop écouté les impressions des sens et les désirs de la nature. Saint Paul vous le rappelle : Nos omnes aliquando

convemati sumus in desideriis carnisi nostrŒj facieniea voluntaicm carnis et cogitatiomim. (Eph. ii, 3.)

Je veux vous arraclier à ce joug pernicieux. Mais je veux que vous acceptiez le mien spontanément et par amour. Prenez-le parce qu'il est doux et que mon fardeau est léger. Le service du monde et du démon laisse après lui le remords et le dégoût. C'est un joug honteux et servile. A mon senice, je vous fais rois vous-mêmes. Vous régnez sur vos passions d'abord, sur le démon que vous chassez, sur le monde que vous méprisez, sur les âmes que vous gagnez par la charité. Et mon service laisse après lui la paix et la joie.

Prenez mon joug ; mon règne est tout intérieur : Regnuni Dei intra vos est. (Luc. xvn.) Il consiste à bannir de votre cœur tout autre esprit que le mien, à ne rien juger que selon mes maximes, à aimer ce que j'aime, à faire ce que je désire. Que vos pensées soient mes pensées : Hoc seniite in vobis, quod est in Christo Jesu. (Philip. 1.) Que vos paroles soient mes paroles : Si qui s loquitur quasi sermonrs Dei. (I Pet. iv.) Je veux vivre en vous et faire de vous d'autres

moi-inôme : Induite novum hominem. — Induite Jesum Christum. (Eph.) 11 faut pour cela avoir sous les veux mes vertus, et suivre en vos cœurs mes inspirations.

Je vis en vos cœurs par mon Esprit. Il est là comme en un temple, mais aussi comme sur un trône. Il doit commander et diriger, il est le maitre de la maison; ou plutôt, c'est moi, c'est mon Cœm^ qui vit et règne par lui en vos cœurs. Ecoutez-moi toujours.

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