II. Dieu est notre Père par V adoption divine
l'J I A KHIKAITE l)V SACRE-CŒUR.
Mais dans l'ordre de la foi, mon Père est votre père à un titre plus excellent encore. Il est votre père en ce qu'il vous a adoptés en moi qui suis son Fils unique. Par une merveilleuse invention de son amour et pour être votre père autant qu'il lui est possible de l'être, il a uni la nature humaine inséparablement à la personne de son Fils; et de cette manière il vous a tous adoptés en moi en vous faisant mes frères par le baptême. Il est votre Père par grâce, connue il est le mien par nature. Il vous voit, il vous aime en moi. Vous devenez à propoi'tion connue moi l'objet de sa complaisance. Par l'Incarnation et le baptême, il a trouvé l'ineffable secret de vous communi(pier In filiation divine et d'étendre jusqu'à vous la tendresse paternelle qu'il a pour moi.
L'adoption est un bienfait si éminent, elle vous ai)proche tellement de Dieu, que les anges en seraient jaloux, s'ils pouvaient l'être. Quel amour ne devez-vous pas à Dieu en reconnaissance de cette qualité de Père qu'il a daigné i)rendre par rapport à vous! Pour comprendre jusqu'où doit aller cet amoui', il faudrait que vous puissiez concevoii- Texcês d'amour que mon Père
VOUS a témoigné en vous adoptant ainsi. Il faudrait que mon àme passât dans la vôtre avec tout son amour filial.
Les droits que vous acquérez auprès de mon Père par votre titre d'enfants adoptifs, sont autant de raisons de l'aimer davantage. Premièrement vous entrez dans la maison de Dieu et vous en faites partie. Vous êtes incorporés à cette famille dont je suis le premier-né. Vous appartenez à la maison de Dieu, non en qualité de servitem^s, mais en qualité d'enfants. Ce qui ne peut pas se dire des anges, « qu'ils sont enfants de Dieu, » se dit de vous. Vous avez droit à la familiarité de mon Père et à vivre dans sa maison sur le pied d'enfants. Je ne mets point de distinction à cet égard entre moi et vous. Je disais à mes disciples : •' Mon Dieu et le vôtre, mon Père et le vôtre. (Jean xx.) "
Secondement, vous avez droit à titre d'entants à une tendresse spéciale, à des attentions, à des soins de la part de mon Père, qui est aussi le vôtre, qui vous considère comme d'autres lui-même, qui s'intéresse à vous d'une façon particulière, qui vous prodigue son affection et ses caresses ; qui vit, pour ainsi dire, en vous ; qui partage vos
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plaisirs et vos peines, qui ne s'applique qu'à vous rendre lieureux et qui y met sa gloii'e. Vous n'avez qu'à vous comporter en enfants de Dieu, et vous éprouverez de sa part une bonté dont celle des pères selon la chair ne saurait approcher. Vous devez avoir en lui une confiance filiale, comme je vous le disais dans l'Evangile : Pater tuus qui videt in abscondiio, reddci tibi. — Scit enhn Pater vester quid opus sit vohia, antequam petatis eum. LMatt. vi.)
Tout désobéissants, ingrats et dénaturés même que vous puissiez être, si vous voulez réfléchir sur la conduite que Dieu a tenue envers vous, vous serez pénétrés d'admiration et de reconnaissance pour ses soins paternels. La peinture que je vous ai tracée des sentiments du père de l'enfant prodigue, n'est (pi'une faible image de ceux de mon Père céleste pour les pécheurs. S'il est tel à l'égard de ceux qui l'offensent, qu'est-il donc pour ceux qui lui sont obéissants et fidèles?
Par quel amoui- répondrez-vous à celui qu'il a pour vous et qu'à titre de père il s'est engagé à lui donner? Car il a voulu vous devoir cet amour et se mettre hors
d'état de vous le refuser. Comnient y avezvous répondu jusqu'à présent ?
Troisièmement enfin vous avez un droit acquis et assuré à l'héritage céleste. Il ne peut vous manquer, à moins que vous ne vouliez obstinément vous déshériter vousmêmes. Et cet héritage, c'est la possession de Dieu même. C'est son propre bonhem^ qui deviendra le vôtre. Pour vous le communiquer, il vous unira à lui. Vous devez jouir de cet héritage éternellement, avec l'assurance qu'il ne vous sera jamais ravi. Votre ingratitude est monstrueuse, si vous n'aimez pas de tout votre cœur, à tous les instants de votre vie, un tel père, qui vous donne droit sur tout ce qu'il a et qui vous associe à sa gloire et à sa félicité.