‹ La retraite du Sacre-CœurChapitre 165 sur 180 · I. Lecture du saint Evangile · texte numérisé non relu

I. Lecture du saint Evangile

IL Méditation.

Le disciple. — Bon Maître, le souvenir de votre passion brise mon cœur, soit que je vous contemple à l'agonie, dans les larmes

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et la sueur de sang ; chez Pilate, flagellé, couronné d'épines et toui^né en dérision ; ou sm^ la croix, dans le don suprême de votre vie. Vous avez voulu boire jusqu'à la lie le calice de la soufiï*ance, enseignez-moi au moins les premiers éléments de l'esprit de sacrifice.

I. Souffrir pour quelqu'un est une grande marqua d'amour et de dévoûment.

Le Sauveur. — Oui, mon fils, j'ai porté ma croix avec joie et bravé toutes les souffi^ances, parce que je voulais à ce prix répai^er la gloire de mon Père outragée, expier les péchés de mes fi'ères et sauver lem^s âmes.

Il est facile d'aimer ses amis dans la commune joie et dans la prospérité. C'est plus difficile quand il v a lieu de souflinr pom^ eux. Mais, je vous l'ai dit, le bon pastem^ et le véritable ami n'hésitent pas. Ils savent soufl'rir et donner lem^ vie, s'il le faut, pour lem's brebis ou lem^s amis. C'est là qu'on reconnaît le bon pasteur et le mercenaire, l'ami véritable et l'égoïste.

J'ai considéré vos péchés, j'ai vu que l'homme avait abusé de tout et j'ai voulu tout réparer. J'ai pris sm' moi tous vos

péchés, comme l'avait prédit Isaïe (chap. lui), et j'ai voulu proportionner l'expiation à la faute en livrant à la souffrance toute mon àme, tout mon cœur et mon corps, tous mes sens et toutes mes facultés.

Considérez avec moi l'ensemble de ma Passion. Venez et voyez s'il y a eu une souffrance semblable à la mienne. (Jer. lam. 1.)

AGethsémani, je suis tremblant de frayeur, de peine et d'ennui. Je tombe en agonie.

C'est que je prévoyais tous les horribles tourments que j'allais souffrir, et ma nature humaine se révoltait.

Je me voyais livré à la malédiction de mon Père. (S. Paul aux Galates. 3.)

Je considérais l'ingratitude de ceux pour lesquels j'allais souffrir, et je prévoyais cpie beaucoup d'àmes iraient quand même à leur perte et rendraient inutile le fruit de mon sang.

L'amour est la source et la mesure de la douleur : et j'aimais si tendrement mon Père que je voyais accablé d'outrages par les pécheurs, et mes fi'ères que je voyais si misérables !

Vous avez lu que Joseph versait des larmes sur chacun de ses frères en les vovant

tristes et pauvres. (Gen. xLin) ; mais ma doulem' à moi était vaste comme l'océan parce que mes fi^ères souffrants et malheureux étaient innombrables. (Lament. m).

Si un ange n'était pas venu me réconforter, mon Cœur se serait brisé et je serais mort à Gethsémani. (Luc. ch. xxii.)

L'indifférence et l'apathie de mes meilleurs amis Pierre, Jacques et Jean, et la trahison de Judas sont venues mettre le comble aux souffrances de mon Cœm\ Je sentais si vivement les manquements aux délicatesses de l'amitié !

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