II. Les souffrances de la Passion
Contemplez ensuite les souffrances de mon corps.
A la flagellation^ ce sont des fouets de fer qui déchirent la chair si sensible et si délicate que mon Père m'avait donnée, et les boiuTeaux frappent avec fm^em* et sans se lasser : Supra dorsum meum fabricaverunt peccatores; prolong averunt iniquitatera .
(Ps. 128.)
Au couronnement d'épines, ce sont des pointes bien longues et bien dindes, et ma tète était bien sensible.
Le dépouillement des vêtements fut répété plusieurs fois, avant la flagellation, avant et après le manteau de dérision et avant le crucifiement; et toujours mes plaies colées aux vêtements se déchiraient et se rouvraient.
Au portement de croix, j'avais un fardeau bien lourd et bien écrasant pour mon état de faiblesse. Ah! si vous m'aviez vu me traînant, courbé, haletant, inondé de sang, tombant à terre et presque mourant !
Et au crucifiement^ les supplices furent bien longs et bien cruels ! Les clous étaient bien douloureux, ils déchiraient mes veines et mes nerfs.
Voyez la croix s'élever et retomber dans le trou du rocher. Et je fus suspendu là trois heures sur les plaies de mes mains et de mes pieds. Si je m'appuyais sur mes mains, elles se déchiraient davantage ; si je me portais sur mes pieds, la plaie de mes pieds s'élargissait. Si j'inclinais ma tête sur la croix, les épines s'enfonçaient.
Autour de moi, mes ennemis triomphaient et insultaient à ma douleur; les pharisiens ricanaient, les scribes blasphémaient.
Mais ce qui fut plus cruel encore pour mon Cœur, c'est que ma Mère était là souf-
frant le mart^Te et que mon Père m'abandonnait et suspendait mon union avec lui et les effets de la vision intuitive.
Pourquoi toute cette vie de souffrance : vie humble et mortifiée à Nazareth, vie contredite et persécutée pendant mes prédications, vie brisée par le martyi^e sm^ la croix ? C'était pai' mon propre choix. Oblatus est quia ipse voluit. (Isaïe, ch. Lin).
C'est que j'aimais mon Père et que je voulais satisfaire à sa justice et réparer son honneur. C'est que j'aimais les péchem^s, et je voulais payer leur dette et les sauver. C'est que je vous aimais, vous qui méditez mes souffi'ances, et chacun de vous peut dire comme saint Paul : Il m'a aimé et il s'est li\Té pom^ moi. Dilexit me et tradidit semeiipsum pro me. (Ad Gai.)