‹ La retraite du Sacre-CœurChapitre 174 sur 180 · I. V Eucharistie accroît la vie du Cœur de Jésus en noies · texte numérisé non relu

I. V Eucharistie accroît la vie du Cœur de Jésus en noies

Le Sauveur. — Oui, je veux vivre en vous et vous communiquer ma vie, comme le cep de la vigne communique sa vie aux branches, comme la tète anime et vivifie tout le corps humain.

Je veux obtenir de vous l'union et la liaison avec moi, et l'appartenance entière à ma direction.

Dès le moment de votre baptême, je commence à vivre en vous. Je m'unis à votre âme comme un époux à son épouse; je l'aime comme ma chère fille ; je la garde et la protège comme ma propriété ; je la vivifie comme un de mes membres. Comme son chef, je la dirige: comme principe de vie, je développe en elle ma vie et mon esprit. Je suis là pour racheter ses fautes et les pardonner.

Ma vie en vous s'accroit par la sainte communion. Quand vous me recevez corporellement, je ne demeure pas corporellement , mais je demeure spirituellement, toujom^s plus présent et plus agissant.

Je vous l'ai dit : je veux être votre vie et comme votre cœm\ Ego sum viia. Ego

veni ut vitatn habeant. (Jean, xi, xi.) Je suis venu pour cela sur la terre ; c'était mon but dans la rédemption et c'est encore mon but dans l'Eucharistie.

Mon apôtre saint Paul vous a souvent répété et développé ma pensée. « Le Christ est votre vie, vous disait-il. » (ad Colos, 3.) « Vous êtes morts (au monde et à vousmêmes) et votre vie est cachée en Dieu avec le Christ. ^ (Id.) — " Le Christ est tout et en tout. >» (Id.) — « Formez le Christ en vous. » (ad Gai. iv.) Et comme il mettait en pratique ce qu'il enseignait, il pouvait dire : « Le Christ est ma vie. — Je ne vis plus, c'est le Christ qui vit en moi. " (ad Philip. I, ad Gai. u.)

IL Nous devons préparer le séjour de Jésus en nous.

Mais je ne puis pas habiter ainsi en toutes les âmes. Je ne puis habiter que ^dans des palais dignes de ma royauté céleste. L'Eglise s'efforce bien de me construire ces palais dans les âmes, c'est le but de toute son action. Elle y travaille par ses enseignements, par sa direction, par les sacrements. Les âmes qui écoutent la voix de l'Eglise,

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qui profitent des grâces de leur baptême et de l'Eucharistie et qui vivent de la vie de la grâce deviennent des palais vivants et des tabernacles où je me plais à habiter. Les autres ne participent point à cette vie surnaturelle. Elles sont vides de Dieu. Sine Deo, sine Christo. (ad Eph. n.) Ce sont des demeures désertes, des temples profanés et ruinés. Mon trône est là, mais il est vide. C'est comme une atmosphère enténébrée, parce que le soleil n'y pénètre plus.

L'amour qui déborde de mon cœur et que je veux verser dans le vôtre par l'action du Saint-Esprit, rencontre des obstacles et comme des digues, qui l'empêchent d'arriver jusqu'à vous et qu'il faut absolument détruire , jeter bas et empêcher de se relever.

Ces obstacles sont le vieil homme et le monde. L'office du renoncement est de les abattre l'un après l'autre et d'empêcher le démon et le péché de les relever. C'est un travail incessant et qui dm*e toute la vie : car si une seule de ces digues vient à se relever, le courant divin qui vous apporte la vie et la piété n'arrive plus jusqu'à vous. Il faut donc mom^ir poui" vivre, comme vous le

dit saint Paul ; il faut mourir à vous-même et au monde pour vivi^e en moi et avec moi. Les inclinations de la chair sont opposées à mes sentiments, elles tendent aux plaisirs, aux honneurs, aux richesses. Mon esprit vous porte à aimer l'humilité, le détachement, le sacrifice. Caro concupiscit adversus spiritum, spiritus vero adversics carnem : hœc enim sibi invicem adversantur (Ad Gai. v.) La chair ne mérite que le mépris et l'abjection; c'est pom^ cela que le véritable esprit chrétien est le combat contre la chair.

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