‹ La retraite du Sacre-CœurChapitre 175 sur 180 · III. Jésus désire vivre en nous · texte numérisé non relu

III. Jésus désire vivre en nous

Si vous saviez comme je désire venir dans vos âmes pour y fixer à tout jamais ma demeure. Votre âme est le domicile naturel et comme le centre où reposent ma pensée et les préoccupations de mon Cœur. Faites en un sanctuaire digne de moi. Ornez-la des fleurs de toutes les vertus. Préparez-y mon trône. J'y veux trouver l'innocence et la pureté.

C'est pour me préparer cette demeure que j'ai créé le ciel et la terre et que je les conserve. C'est pour cela que je suis venu

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sur la terre et que j'ai donné mon sang et ma vie sur la croix.

Vous ne comprendrez qu'au ciel ce mystère d'union. In illo die vos cognoscetis quia ego sum in Paire meo et vos in me et ego in vobis. (Jean, xrv\) Efforcez-vous cependant d'en obtenir l'intelligence dans la mesm^e où cela vous est possible. Ecartez les obstacles, piu^ifiez votre àme et goûtez les doucem's de l'union divine.

Mon cœui^ aimant vous convie à un mystique festin au fond de votre àme. Songez que ce bouquet est préparé par la magnificence du roi des cieux. Bienheureux le chrétien à qui il est donné de s'y asseoir î Je vous l'ai dit : •• Si quelqu'un entend ma voix et m'ouvi^e la porte, j'entrerai, je souperai avec lui et lui avec moi. •• (Apoc. m.)

Je vous prépare un festin, mais il faut que vous m'en prépariez mi aussi. Offi^ezmoi dans votre cœur la pénitence qui me console, la piété qui me réjouit ; et moi je vous servirai le pardon de vos péchés, la paix de l'âme que vous désirez, la justice à laquelle vous aspirez, et cette joie dans l'Esprit-Saint, cette manne cachée que personne ne connaît si ce n'est celui qui l'a reçue.

Mais n'oubliez pas que je n'opère rien en vous sans vous. Je vous préviens par ma grâce, j'excite votre volonté par l'Esprit- Saint, mais il faut que votre volonté se prête librement à mon action. Je vous traite avec respect (Sap. xu.) Je ne vous contrains pas comme des esclaves, mais je vous invite comme des amis. Je frappe à la porte, j'attends, et s'il ne vient du dedans aucune douce réponse, je passe en gémissant et je porte plus loin mon amour.

J'offre la vie et la sève aux rameaux qui me sont attachés : tout rameau qui repousse la sève et ne veut pas demeurer uni au cep est un rameau desséché, un sarment inutile.

Le mystère de la grâce et de l'union est semblable au mariage. Je suis le prétendant de vos âmes. Un fiancé n'épouse pas celle qu'il a choisie, si elle ne se donne pas à lui. De même, je ne m'impose pas à l'âme que je choisis dans mon amour.

Ayez donc grand soin de coopérer à cette union que je désire.

Préparez vos âmes en les tenant pures et recueillies, en évitant le péché même véniel et l'attache au péché. Au commencement de vos actions, renoncez à toute volonté propre.

à tout sentiment vulgaire et spontané poux* entrer dans les dispositions de mon Cœui* et faire ma volonté : Hoc sentite in vobis, quod et in Christo Jesu. (Ad Philip. 2.)

AFFECTIONS ET RÉSOLUTIONS

Comment pomTais-je, ô mon bon Maître, résister plus longtemps à une invitation si pressante et si aimable? Ah ! je vous en supplie, faites que toutes les choses de ce monde ne soient pour moi qu'amertume, en comparaison de vous! Eloignez de moi toute autre affection. Vous seul, ô Jésus, montrez-vous à mon àme avec votre doucem^ ; car c'est vous qui êtes la suavité inestimable, la doucem" céleste qui change tout en douceur. Venez, Seigneur Jésus, venez et vivez en moi sans réserve. Je me donne à vous, je m'abandonne à la direction de votre Cœur sacré avec toutes mes facultés. Prenez en possession et ne vous éloignez plus.

BOUQUET SPIRITUEL

— Chrisius vita vestra. (Colos. m.)

— Vos in me et ego in vobis. (Joan. xiv.)

— Si quis audierit vocem meam et ape-

ruer il mihi januam, inirabo ad illum et cœnabo cum illo et ipse mecum. (Apoc. m.)

— Le Christ est votre vie. (S. Paul aux Colossiens, m.)

— Vous en moi et moi en vous. (S. Jean,

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