I . Lecture du saint Evangile
IL Méditation.
Le disciple. — 0 mon bon Maître, apprenez-moi à vivre en vous, avec vous et pour vous. J'adore votre divin Cœur, je l'aime et je compatis à ses tristesses, mais je voudrais le faire mieux encore. Je vois en vous le modèle des vertus qui me manquent. Je n'ai d'espérance qu'en votre divin Cœur, laissez-moi j puiser les grâces dont j'ai besoin et m'y reposer comme saint Jean.
I. Le Cœur de Jésus est le sanctuaire des perfections divines.
Le Sauveur. — Il est bien vrai que mon Cœur est le sanctuaire et l'image des divines perfections. L'éternité, l'immensité divines, la charité, la justice, la miséricorde, la puissance, la sagesse et les autres perfections j habitent et v régnent. Elles impriment lem^ reflet et leur ressemblance sur mon cœm' humain. Adorez donc ces perfections et particulièrement mon amom* infini pour mon Père, ma charité et ma bonté envers ma Mère, envers l'Eglise, envers chacun de vous, ma miséricorde envers les péchem-s.
Mais admirez surtout l'infinie bonté de mon Cœur. C'est mon Cœm' divin qui vous a donné l'être et la vie avec tous les avantages qui les accompagnent. Il vous a donné les anges pour protectem^s. Il vous a donné ma propre Mère pour votre mère , mes saints pour avocats et pom^ intercesseurs. Il vous donne son Eglise pom^ être votre seconde mère; les sacrements et les mystères de l'Eglise pour votre salut et votre sanctification. Il vous donne mon Père éternel pour être votre vrai père, mon
Esprit-Saint pour être votre lumière et votre conduite. Il vous donne toutes mes pensées, mes paroles, mes actions, mes mystères, mes souffrances et ma vie qu'il emploie et qu'il sacrifie poui' vous entièrement jusqu'à la dernière goutte de mon sang.
Est-il donc difficile d'aimer mon divin Cœur en faisant de toutes ses bontés l'objet habituel de vos méditations?
Mais je ne veux pas seulement un amour de prédilection et de reconnaissance, je veux encore un amour compatissant.
Est-il besoin de vous redire toutes mes tristesses, toutes mes souffrances : toutes ces populations, jadis chrétiennes, dominées par l'orgueil, la sensualité et la convoitise, mes lois foulées aux pieds, mon nom méprisé, mon Eglise persécutée, Satan adoré et suivi? Mon Cœur souffre surtout de voir ses bienfaits repoussés, son amour méconnu. Il voudrait faire le bonheur et le salut de tous et il en est empêché.
Si je trouvais au moins un dédommagement dans la ferveur et le zèle de toutes les âmes du sanctuaire ! Mais souvent l'esprit da siècle fait sentir son influence jusque-là.
Repassez mes tristesses dans votre cœui-, méditez souvent ma Passion , lisez les plaintes de mon Cœiu' à Marguerite-Marie, et mon amoui' compatissant régnera facilement dans vos cœurs et se manifestera par l'esprit de pénitence et d'immolation.
IL Le temple du divin amour; notre trésor ; une lyre divine.
Mon Cœur sacré est encore le temple du divin amour. C'est dans ce temple que mon Père reçoit des adorations et des louanges dignes de sa grandem- infinie.
Ce n'est pas seulement le temple, c'est aussi l'autel du divin amom*. Siu' cet autel, le feu sacré du même amour est toujours allumé. Sur ce même autel j'ofii'e sans cesse à mon Père divers sacrifices. Je m'ofi're moimême comme une victime d'amom'; je sacrifie entièrement mon corps, mon àme, mon sang, mes pensées, paroles et actions et tout ce que j'ai souffert dans ma vie. J'ofire aussi à mon Père tout ce qu'il m'a donné, toutes les créatm^es et particulièrement les hommes : les bons comme des victimes d'amour, les méchants comme des victimes de justice.
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Et ce Cœur vous appai'tient, c'est votre trésor et votre demeure. Offrez-le donc souvent à la sainte Trinité. Offrez tous les sacrifices qu'il offre Jpour vous ; offrez-vous vous-mêmes et priez-le de vous accepter et de vous offrir en victimes d'amour.
C'est encore l'encensoir d'or du divin amour. (Apoc. vin.) C'est dans cet encensoir que sont mis toutes les adorations, les louanges, les prières, les désirs et les affections de tous les Saints, pour être offerts à mon Père dans le Cœm* de son Fils bienaimé, comme un parfum agréable. Ayez donc soin d'y mettre habituellement vos prières, vos pieuses intentions , les affections de vos cœurs et vos cœurs eux-mêmes, avec tout ce que vous êtes et tout ce que vous faites, en sup])liant le roi des cœurs qu'il purifie et sanctifie toutes ces choses et qu'il les offre à Dieu comme un céleste encens en odeur de suavité.
Mon Cœur est encore la lyre divine qui chante sans cesse les louanges de la sainte Trinité. Offrez à Dieu les chants de cette lyre et accordez toujours les chants de votre cœur, vos prières et vos louanges avec cette lyre divine.
Imitez en cela les âmes qui ont le plus aimé mon Cœur : Gertrude, Mechtilde, Catherine de Sienne, Marguerite-Marie.
J'avais enseigné à ces âmes à offrir sans cesse à mon Père les louanges, l'amom* et les sacrifices de mon Cœur pour suppléer à ce qui manquait à leurs propres offrandes.
Je disais à Marguerite-Marie : '• Tu me présenteras à mon Père comme une victime d'amom' immolée et offerte poui* les péchés de tout le monde. Tu lui offriras les ardem's de mon Cœm^ pour réparer la tiédem- de tant d'àmes et même de mon peuple choisi. Tu lui offriras la parfaite soumission de ma volonté à la sienne pour obtenir par mes mérites la consommation de toutes ses grâces et l'accomplissement de toutes ses volontés. »
III. La règle et le modèle des vertus; noire refuge et notre repos.
Mon Cœur est encore pour vous la règle et le modèle des vertus. Il est le modèle spécial de l'humilité et sa charité surpasse tout. Méditez donc les mystères et la vie intime de mon Cœur. Le matin rappelezvous les mystères de ma vie cachée : mon
incarnation, ma naissance, ma vie de Nazareth. Ces mystères vous enseigneront l'humilité, la pureté, le détachement des choses de la terre, Tesprit de prière, le zèle et le labeur constant et pieux.
L'après-midi, quand le poids du jour, la fatigue et les épreuves vous pèsent, pensez à ma passion et à ma mort, portez la croix avec moi et apprenez de moi la patience, le sacrifice, rinmiolation.
Le soir, arrêtez-vous un instant au jardin de l'agonie, et là déplorez avec moi les péchés des hommes et offrez mes larmes à mon Père pour réparer vos fautes.
Mon Cœur est aussi votre jefuge. Recourez à lui dans tous vos besoins. Il est un trône de grâces et un trésor inépuisable. Rappelez-vous ma promesse : Venez à moi vous tous qui souffrez et je vous soulagerai. (Matth. XI.)
Mon Cœur sera aussi le lieu de votre repos, si vous le laissez bien régner en vous par la vie intérieure. Vous goûterez les joies surnaturelles qui ont enivré les Saints. Vous vous reposerez comme saint Jean sur ma poitrine. Vous boirez à la coupe suave des grâces de mon Cœur : Haurietis aquas
in gaudio. Votre vie intérieure sera un festin ininterrompu. Je souperai avec vous et vous avec moi. (Apoc. m.)
AFFECTIONS ET RÉSOLUTIONS
Que vous êtes bon, ô mon Sauveur! Que ferai-je pour vous témoigner ma reconnaissance ? Je le comprends : vous désirez seulement que je corresponde à votre bonté et que je veuille bien recevoir vos g-ràces. Vous frappez à la porte de mon coem% vos cheveux sont couverts de rosée et vous attendez que je vous ouvi^e. Ah! Seignem*, je ne veux plus me montrer dm* et ingrat. Venez et régnez en mon cœm\ Je veux faire en tout votre volonté et penser habituellement à vous, comme vous me l'avez enseigné'.
BOUQUET SPIRITUEL
— Unus militum lancea Jatus ejus apervit. (Joan. xix.)
— Non est finis ihesaurorum ejus. (Is, 2.)
— Maneteinme et egoinvobis. (Joan. xv.)
— Vivo ego^jam non ego, vivit vero in me Christus. (Ad Gai. 2.)
— Un des soldats ouvrit son Cœur.
(Jean, xix.)
— Ses trésors sont sans limites. (Is. 2.)
— Demeurez en moi et moi en vous.
(Jean, xiv.)
— Je vis, ou plutôt ce n'est pas moi, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. (Ep. aux Galates, 2.)
40e illébitation.