I. La charité compatissante de Not7^e- Seigneur
Le Sauveur. — Oui, mon fils, c'est bien mon précepte préféré que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. (Jean, xv.) Les actes des Apôtres résument
ma vie en quelques mots : Il a passé en faisant le bien et en guérissant toutes les infirmités.
Mon Cœm* était rempli d'amom^ et de charité pour tous et quand l'amom^ est mis en contact avec le malheur, il devient la pitié : pitié débordante, quand elle est la vie d'un cœur très aimant en face d'une immense misère.
Cette pitié profonde et agissante était un des mobiles habituels de mes actes. C'est pour la satisfaire que j'étais venu sur la terre , et elle était , avec la gloire de mon Père à réparer, le motif même de l'incarnation.
Je ressentais cette pitié devant toutes les misères que je rencontrais et que je voulais soulager, et devant toutes les faiblesses que je voulais assister et fortifier.
J'avais pitié des enfants, qui sont la faiblesse même et j'ai plusieurs fois manifesté l'intérêt que je leur portais.
J'ai guéri les aveugles, les som*ds, les boiteux, les lépreux et toutes les victimes de ces maux affreux que le péché a introduits dans le monde.
J'ai eu pitié de ces pères et mères de
famille dont la douleui' était sans limite en face de la maladie ou de la mort de leurs enfants. J'ai rendu à la santé la fille de la chananéenne, et à la vie la tille de Jaïre et le fib de la veuve de Naïm.
J'ai eu pitié des pieuses soeurs deBétlianie et touché de leurs larmes je leur ai rendu leur frère Lazare que j'aimais.
J'ai délivré les possédés de l'épouvantable tyrannie du démon.
J'ai eu pitié des pauvres pécheurs, pour lesquelsmon Cœur éprouvait des battements si douloureux et si compatissants. Rappelez-vous la Madeleine, la samaritaine, le bon larron.
J'ai eu pitié du monde lui-même, j'allais parfois chez les pharisiens pour faire tomber leurs préjugés.
Je pleurais sur ma patrie, sur Jérusalem, la cité déicide rebelle à toutes les sollicitations de mon amoui-.
J'avais pitié du peuple, de ces foules qui manquaient de tous les biens spirituels et temporels. 11 manquait aux foules d'alors, comme à celles d'aujourd'hui, le pain de la justice, le pain de la charité, le pain de 'apostolat.
Les humbles travailleui's sont souvent opprimés pai" toutes sortes d'injustices privées*et sociales (quoniam erant vexati); l'usure pèse sur eux sous toutes ses formes.
La foule est comme un troupeau sans pasteur : on ne lui donne ni la direction qui est le pain de l'àme, ni la charité qui est le pain du corps. (ParvuU petierutit paiiem et non erat qui frangat eis.) (Jerem.)
Le peuple manque d'apôtres pom* l'instruire. Toutes ces âmes appauvries et besogneuses sont nombreuses comme les épis d'une immense moisson, et elles attendent des moissonneurs.
IL Son zèle.
En face de toutes ces misères et de toutes ces faiblesses, je ne me contentais pas d'une compassion stérile : j'agissais, je prêchais les devoirs de la justice et de la charité, je guérissais ceux qui souffraient, je consolais ceux qui étaient dans la peine. J'ai inspiré la même charité et le même zèle à mes amis.
Vous savez tout ce qu'ont entrepris les apôtres pour le salut des âmes.
Saint Paul ne disait-il pas : •< Je voudrais être anathème pour mes frères. « (Rom. ix).
et encore : - Je dépenserai tout et je me dépenserai moi-même pour vos âmes. '> (IL Cor. XII).
Vous savez le zèle des saints évèques et religieux etdes missionnaires de tous les temps.
Vous savez quelle charité Marguerite- Marie avait puisée à mon Cœur, pour les pauvres, pour les enfants, pour les âmes du purgatoire. Elle avait pour tous un cœur tendre et compatissant. Elle était prête à tout souffrir pour soulager le prochain, « quelque peine qu'il dût lui en coûter. »
Si votre cœur est froid, c'est qu'il ne s'est pas encore récliauffé aux battements du mien. Méditez donc les mystères de mon amour. Contemplez la tendresse et le zèle de mon Cœur, et le vôtre s'enflammera d'une sainte ardeur.