‹ La retraite du Sacre-CœurChapitre 23 sur 180 · I. Dieu ne sépare pas notre salut de sa gloire · texte numérisé non relu

I. Dieu ne sépare pas notre salut de sa gloire

Le Sauveur. — Mon Père et moi nous ne séparons pas votre salut de notre gloire. L'un et l'autre sont en même temps l'objet de notre sollicitude et le but de nos œuvres. Mon Père avait votre salut en vue lorsqu'il se détermina à créer le monde. C'est pom* votre salut comme pom* sa gloire qu'il dirige par sa Providence tous les événements du monde.

C'est votre salut que je considérais, avec l'amour de mon Père, quand j'ai prononcé mon Ecce venio. C'est pour votre salut que je suis venu sm' la tei^e, comme vous le dites dans votre profession de foi : •• Propter nos et propter salut em nostram descendit de cœlîs et incarnatus est. ^^ (Symb. Nie.) C'était ma préoccupation pendant toute ma vie mortelle. Ma vie, mes enseignements. mes miracles, mes souffrances et ma mort ont ce but, en même temps que l'amour de mon Père.

J'en parlais fi'équemment : .* C'est pour cela, disais-je, que je suis venu. — Non veni ut judicem mundum^ sed ut salviftcem. •' (Joan. 12.) J'en indiquais les moyens : la foi. le baptême, la persévérance, la mortification. •• Qui crediderit et baptisatus

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fuerit, hic sabms erit. - (Marc. 16.) — - Qui perseceraverit ^ hic salus erii. »• (Math. 10.) — - Spatiosa est via quœ ducit ad perdit ionetn, et angusla quœ ducit ad vitam. " (Matth. 7.) Je m'efforçais de vous inspirer la crainte de la perdition : " Timete eum qui potest animas perdere. - (Matth. 10.) — Quid prodest homini si universitm mundum lucretur, animœ vero stiœ detrimentum patiaiur. » (Matth. xvi.) Que sert à l'homme de gagner tout l'univers s'il vient à perdre son âme.

Et quel était donc le but de mes trois années de prédication et de toutes mes courses à la recherche des pécheurs? Voyezmoi fatigué, assis au puits de Jacob : qu'estce que je cherche? le salut d'une âme.

Quels étaient mes désirs? Je vous l'ai dit : .. Boptismo habeo baptisari. — Desiderio desideravi manducare hoc pascha. •• — Je désirais souffrir pour votre salut. C'est aussi pour votre salut que j'ai fondé l'Eglise, que j'ai établi tout l'ordre surnaturel et que j'ai inventé les anéantissements de l'Eucharistie.

Les saints, tout pénétrés de mon esprit ont eu la plus haute idée de l'importance du salut. Comme mon Père et moi, ils

avaient au cœur deux amours, celui de la gloire divine et celui du salut des âmes. Pour assurer leur salut, les martyrs ont méprisé les tourments et la mort ; les solitaires ont tout quitté et se sont retirés au fond des déserts ; les vierges ont foulé aux pieds les satisfactions des sens et ont imité sur terre la pureté des anges.

C'est l'importance du salut des âmes qui a produit l'apostolat et qui a suscité tant de généreuses vocations. C'est le •• quid prodest homini... - qui a déterminé saint Ignace et saint François Xavier à quitter le monde pour travailler à leur salut et se dévouer au salut des âmes en même temps qu'à la gloire de Dieu.

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