II. Cest une œuvre difficile
Mais c'est une œuvre difficile. Les démons semblables à des serpents ou à des lions, usent de ruse et de violence pour s'v opposer. — La nature corrompue, les passions, votre lâcheté naturelle vous entraînent. — Le monde, ses maximes, ses coutumes vous séduisent. — Le respect humain vous arrête. — Un grand nombre, hélas î v échoue. Il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. Et quoi-
l.A RETRAITE DU SACRE-CŒIR.
que nous vous laissions dans le doute sur le le sens précis de cette menace, vous pouvez suivre prudemment la majorité des théologiens qui vous disent qu'il y a plus de damnés que d'élus parmi les chrétiens baptisés.
Les saints eux-mêmes craignaient. Ils avaient lieu de craindre et j'entretenais dans leur cœur cette crainte salutaire.
Je monti'ais à François d'Assise, à l'Alverne, le ciel ouvert sur sa tète et l'enfer sous ses pieds ; et son âme suspendue entre les deux avait à choisir. — Je fis voir à sainte Thérèse que son salut dépendait d'une attache naturelle à rompre.
L'apôtre saint Paul, saint Jérôme, saint Chrvsostome vous disent leur crainte pour leur .salut. Ils craignaient que la justice divine ne fut obligée de s'exercer aux dépens de sa miséricorde.