II. Ses effets
Mais il est temps que vous méditiez les effets lamentables de ces péchés véniels. Ils affaiblissent en vous la chai^ité, et cela seul n'est-il pas un mal immense? Ils vous privent de nombreuses grâces : votre âme n'est plus ouverte aux bons mouvements, aux saintes inspirations.
Ils sont un obstacle à l'oraison, à la prière fervente, à l'union avec moi ; ils entraînent vos pensées vers la terre.
Ils empêchent la paix de l'âme, la joie du Saint-Esprit.
Chez le prêtre, ils affaiblissent le zèle, l'amour des âmes.
Ils provoquent évidemment la colore de mon Père, qui vous aide moins alors pour votre sanctification. Ecoutez-le :
Propter iniquitatem avaritiœ ejus, iraius sum et percussi eum : abscondi a te faciem meam et indignatus sum. (Is. 57-17.)
Ces péchés ôtent à votre âme toute sa beauté. J'ai une fois montré à une personne pieuse son âme rendue semblable, par le péché véniel, à un corps d'enfant couvert de pustules. (Th. a Kempis. L. 1. Ch. 21.)
Ces péchés conduisent au péché mortel.
Eve va de la curiosité à la désobéissance grave. David va de la légèreté des regards à l'adultère. Salomon, de l'amour des femmes à l'idolâtrie. Jéroboam, de la politique à l'infidélité. Judas, de l'amour de l'argent, au déicide.
" Concupiscentia, cum conceperii, parit peccaium. " (Jac. 1. 15.)
Le passage de l'un à l'autre est insensible : la conscience est émoussée, la volonté affaiblie, et la concupiscence est fortifiée.
De là vient aussi l'illusion déplorable de.
tant d'âmes qui vivent tranquilles et sans remords dans le malheureux état du péché.