‹ La retraite du Sacre-CœurChapitre 58 sur 180 · La mort est semblable à la vie · texte numérisé non relu

La mort est semblable à la vie

Le Sauveur. — La mort est ordinairement semblable à la vie. L'arbre tombe du côté où il penche et il j demeure : Si ceciderit Jignum ad austruni out ad oquilonetn, in quocumque loco ceciderit, ibi erit. (Eccli. XI. 3.)

Je veux vous mettre en garde contre l'insouciance qui vous préparerait une mauvaise mort.

, La mort des prévaricateurs est épouvantable : Mors peccatorum pessima. i Ps. 33.} — Ceux qui n'observent pas la justice sont accablés de maux à leur mort : Virum injustum mala capiunt in interitu. (Ps. 139. ) Le religieux doit méditer ces avertissements

I comme le simple fidèle.

I Le mauvais religieux, celui qui ne garde pas ses vœux, celui qui vit dans l'illusion d'une fausse conscience meurt dans des conditions déplorables. Les uns sont agités par les tortures du doute et de la crainte.

Mille péchés qu'ils regardaient comme rien leur reviennent à l'esprit. Mille doutes s'élèvent dans leur âme. Tout leur devient suspect : les faux principes qu'ils ont suivis sur l'obéissance, sur la pauvreté, sur la chasteté, sur l'obligation de tendre à la perfection ; les libertés qu'ils se sont données pour la Règle et pour le péché véniel ; les sentiments qu'ils ont entretenu? contre la cliarité ; les sacrements même qu'ils ont mal reçus.

L'humilité et le repentir les sauveraient; le trouble et le désespoir les accablent. Ils comprennent leurs fautes, mais sans profit, comme Antiochus se souvenait à sa mort des sacrilèges qu'il avait commis à Jérusalem : Nunc reminiscor maJorum quœ feci in Jérusalem. (I. Macch.) Ils ont peur de Dieu et ne savent pas recourir à sa bonté.

D'autres meurent dans une paix apparente qui n'est pas l'indifférence glaciale des gens du monde, mais qui est la trompeuse sécurité d'une fausse conscience. C'est le couronnement d'une vie tiède dans laquelle les fautes graves se mêlaient aux autres sans que le coupable s'en inquiétât. Job a dit de ces âmes qu'elles boivent l'iniquité comme de l'eau : Abominabilis homo qui

bibit quasi aquam iniquitatem. (Job. xv.) Elles étaient endurcies dans leur indifférence et abandonnées par mon Père à leui' tiédeui*; leur mort parait calme, mais quel réveil ! On peut leur appliquer ce mot de saint Clu^ysostome : " Ce n'est pas la mort qui est redoutable, c'est la mauvaise mort. « yon mori malum est, sed maie mori.

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