I. U enfer est certain dans son existence
Le Sauveur. — Oui, c'est pour vous obliger à m' aimer que je vous invite à méditer sur l'enfer. C'est comme cela que j'ai commencé à mettre une vive charité au cœur de mes plus grands saints, comme saint François d'Assise et sainte Thérèse. Je leur ai montré l'abîme où ils tomberaient s'ils ne m'aimaient pas ou s'ils ne me donnaient qu'un cœur partagé. Saint Jérôme, saint xVugustin, saint Bernard, saint Liguori, tous les saints aimaient à méditer sur l'enfer, pour se tenir dans la crainte du péché. C'est ce que saint Augustin exprimait ainsi : Timens esse volo, ignem œternum metuo. Rappelez-vous donc combien l'enfer est certain dans son existence.
Pouvais-je le peindre plus clairement que je n'ai t'ait quand j'ai dit : Les méchants iront au supplice éternel où le ver rongeur idu remords) ne meurt pas et le feu ne s'éteint pas : Ibunt in supplicium œternum^ ubi vermes eorutn non moriiur et ignis non extinguiliir. (Matth. xxv.)
L'Eglise n'hésite pas dans son symbole.
Les bons, dit-elle, iront à la vie éternelle, les méchants au feu éternel. Celui qui ne croit pas cela fermement ne peut pas être sauvé. Hœc est fi des catholica, quam nisi quisque /ideliter^ firmiterque crediderit, salvus esse non poterit. (Symb. de S. Athan.) Qui bona egeruni^ ibunt invitant œternam : qui vero mala in ignem œternum. L'Église n'a jamais toléré qu'on niât le supplice du feu en enfer.
N'ai -je pas montré à plusieurs saints l'enfer lui-même pour les mettre en garde contre lui? A saint Fran(;ois d'Assise, à sainte Thérèse, à la bienheui'euse Marguerite-Marie, j'ai montré l'abime où ils seraient précipités s'ils n'étaient pas fidèles à ma grâce, et cette vision leur causa une impression qui ne s'effaça plus. D'ailleurs la croyance à un enfer éternel est de tous les
temps, elle date de la révélation primitive. Vous la retrouverez dans les théologies païennes. Elle est aussi conforme aux données de la raison : Le péché a quelque chose d'infini, puisqu'il s'attaque à la Majesté divine. Il mérite donc un châtiment qui ne. finisse pas, si mon sang ne lui est pas appliqué. — Le réprouvé en enfer ne répare pas, il blasphème, il se livre à la haine de Dieu, comment obtiendrait-il son pardon ? — Enfin la crainte d'un châtiment temporel n'arrêterait pas le pécheur. Il était bon que mon Père menaçât les pécheurs d'un châtiment éternel pour arrêter les hommes sur la pente du péché et les sauver.