UF-T. UC S.-C
seconde création plus admirable que la première et en vue des mérites de mon Cœur sacré, il vous a associés à ma propre vie, pour vous faire pratiquer en moi des œuvres de sainteté : creati in Chrisio Jesu in operibus bonis, (ad Eph. II.) Mais en vous assignant une fin si sublime, il vous a en même temps préparé par son décret éternel, les grâces qui vous seraient nécessaires pour l'atteindre.
Mo7i concours personnel. Ce n'était pas assez que la grâce vous lut destinée par mon Père, il fallait que je vous la méritasse par mes souffrances et par ma mort et c'est là surtout ce qui en établit l'excellence. Pour vous donner les biens de la nature, il a suffi à la sainte Trinité d'une parole : Dixit et fada sunt. (Ps. 148-5.) Mais pour vous procurer les bienfaits de la grâce, j'ai dû m'humilier jusqu'à revêtir l'humanité, et, dans l'humanité que je me suis associée, souffi'ir, donner mon sang et mourir pour vous. La moindre des grâces est le prix de mon sang.
C'est comme mon sang lui-même, dont une goutte tombe alors sur une âme pour la guérir, la fortifier et la sanctifier.
XVn^ MÉDITATION. 175
Mon côté ouvert a été le signe de l'efFiision des grâces. Comme je le disais à ma servante Marguerite-Marie : •• C'est là un abîme sans fond, creusé par une flèche sans mesure, celle de ramoui\ L'àme y rencontre la source des eaux vives pour se purifier et recevoir la vie de la grâce que le péché lui avait ôtée. Le cœur j trouve une fournaise d'amour qui ne le laisse plus vivre (jue d'une vie d'amour. » (Sa Vie. IL 83.)
Enfin le concours du Saint- Esprit.
Il fait l'application de la grâce, décrétée par le Père et méritée par le Verbe incarné, par les vertus et les soufi'rances de mon Cœur. C'est lui qui, descendu sur l'Eglise au jour de la Pentecôte, ne cesse de la vivifier par son action. 11 s'est révélé sous l'image du feu, pour vous montrer que c'est lui qui éclaire, qui échaufie et qui purifie. Pour faire pénétrer la grâce dans les âmes, il emploie des agents visibles sous lesquels il se cache : comme les sacrements, les objets bénits par l'Eglise, la parole des prédicatem's, le ministère des pasteurs. Mais ce ne sont là que des instruments impuissants par eux-mêmes et qui n'ont de vertu que ceUe qu'il leur communique.