I. Lecture du saint Evangile
Le Fidèle. — Seigneur, je suis à vos pieds, confus de toutes vos bontés et de toutes mes ingratitudes passées. J'ai mille fois blessé votre cœur si bon et si sensible. Je voudrais secouer le poids de cette ingratitude et sortir de cette voie funeste. Eclairez-moi, aidez-moi.
I. Jésus et Marie modèles parfaits de la fidélité à la grâce.
Le Sauveur. — Mon lils, la fidélité parfaite à la grâce, c'est-à-dire aux inspirations et aux mouvements de l'Esprit de Dieu, a été tout le secret de ma sainteté. Cet Esprit divin s'est reposé en moi et a rempli mon âme de l'abondance de ses dons : Requicscet
super cum spiritus Domini^ (Is. xi, 2.) c'est-à-dire que dans tous les détails de ma vie, j'étais mû, conduit, dirigé par l'Esprit divin, qui était comme l'âme de mon àme, et qui, trouvant en elle la plus parfaite docilité, y opérait en plénitude pour y produire les œuvres de la plus éminente sainteté. La volonté de mon Père, dictée par l'Esprit-Saint, était la loi de mon Cœur : Scripium est de me ut facerem voluntatem tuara. Deus meus, voluiy et legem tuam in medio cordis met. (Ps. 39.)
Marie ma Mère est aussi pour vous un admirable modèle de fidélité à la grâce. Prévenue, dès l'instant de sa Conception immaculée, de l'abondance des dons surnaturels, enrichie et ornée de tous les trésors de la grâce, éclairée des plus vives lumières, et suavement portée à Dieu par un attrait puissant, que les penchants désordonnés de la concupiscence ne contrebalancèrent jamais, elle fut toujours docile à la voix de l'Esprit-Saint vivant en elle. C'était la bonne terre où la semence ne tombe pas inutilement, mais porte des fruits au centuple. Elle cherchait toujours en son cœur très pur les fruits à tirer de mes mys-
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tères : Maria conservabat omnia verba hœc in corde suo. (Luc. n.) Ne refusant rien à la grâce qui la sollicitait, elle montait toujours, allant de vertu en vertu, de sacrifice en sacrifice. C'est par là, plus encore que par les prérogatives dont elle fut comblée, qu'elle était agréable à mon Père et à moi. C'est ce que j'exprimai quand une femme la proclamait bienheureuse à cause de sa maternité divine. Je repris : « Plus heureux encore ceux qui écoutent la voix de Dieu et la suivent fidèlement. » (Luc. xn.) Pouvais-je mieux vous faire entendi^e que la principale gloire de ma Mère n'était pas de m'avoir engendré, mais de n'avoir jamais abusé de la grâce.
Tous les saints aussi ne se sont sanctifiés que par la docilité à la grâce. C'est ce qu'exprimait saint Paul : Graiia Dei sum ici quod sum, et gratia in tne vacua non fuit. (1 Cor. XV. 10.)