II. Qu'est-ce que Vabus de la grâce
Ceux-là abusent de la grâce, qui rendent inutile par leur faute ce don précieux, en négligeant ou en refusant de lui faire produii*e des fi'uits de sainteté.
I8l) LA IIKIRAITK DU SACRÉ-CŒUR.
Plusieurs abusent de la grâce par une résistance pûsiiive. Ils savent cequel'Esprit- Saint demande d'eux et ils le lui refusent. Je frappe à la porte de leur àme, pour en prendre possession, et ils s'obstinent à tenir cette porte fermée. Ces âmes se raidissent en quelque sorte pour s'enfei*mer dans leur liberté et leur vie déréglée comme dans une forteresse inexpugnable. Elles sont semblables à des chemins battus sur lesquels la semence tombe en vain sans pouvoir y pénétrer.
Un abus de la grâce moins coupable, mais beaucoup plus fréquent est celui qui résulte de ïinatlenlion. Comment correspondre à une grâce dont on ne remarque même pas la présence? L'attention est d'autant plus nécessaire que les touches de la grâce sont souvent d'une délicatesse extrême. C'est comme un léger souffle, un mouvement au plus intime de l'âme. Ceux-là seuls peuvent les discerner (pii ont la précieuse habitude de vivre en eux-mêmes et d'observer ce qui s'y passe. Aussi un grand nombre restent sourds et insensibles aux appels réitérés de la grâce.
Un troisième a1>us de la grâce, c'est Vin-
constance. L'àiue inconstante entend la voix de Dieu et met la main à l'œiivre, mais elle ne persévère pas. Après une oraison bien faite, une action de grâces fervente, sous l'influence d'une retraite, d'une ordination, d'une prédication, elle prend de généreuses résolutions, qu'elle commence à mettre en pratique, mais ce n'est qu'une ardeur éphémère. La volonté s'affaisse bientôt sur ellemême. Après quelques semaines, quelques jours peut-être, tout a disparu. La tiédeur a repris le dessus et la grâce est devenue inutile.