III. Desordre et malheur de cet abus
Quel désordre douloureux il y a dans ces abus des grâces ! Si la grâce est un don de votre Dieu, ne faudrait-il pas la recevoir avec respect ? Pouvez-vous en abuser sans faire injure à votre Dieu, sans vous rendre coupable envers lui d'une sorte de mépris?
N'est-ce pas pour vous mériter cette grâce que je suis venu sur la terre, que j'ai souffert et que je suis mort ? Elle est le fruit de la R-^demption, le prix de mon sang et le don de mon Cœur. L'abus de la grâce est donc une sorte de sacrilège et de profa-
ISS I.A UKrRAITE DU SACÎlK-CaCUR.
nation. C'est le mépris de mon amour.
Les saints l'ont reconnu. Saint Augustin compare celui qui écoute sans attention et sans respect la parole de Dieu (et on peut en dire autant de toute grâce) à un homme (pli par sa négligence laisserait tomber à terre le corps de son Sauveur : Non minus reus erît qui verbum Dei negligenter audierit qaam qui corpus Ckristi in terrain cacicre sua negiigentia permiserit.
Saint Paul exprime la même pensée : « Ceux qui violaient la loi de Moïse étaient coudamnés à mort sans pitié. Quels châtiments ne méritent donc pas ceux qui auront foulé aux pieds le Fils de Dieu, profané le sang de l'alliance et méprisé l'esprit de la grâce ! " Hebr. x, 28.) Pensez enfin combien l'in- .i^ratitude m'est douloui'cuse à moi (pii désire tant vos cœurs et qui fais tout pour les conquérir.
Nem'a-t-on pas vu pleurer sur Jérusalem, sur Capharnaûm, Betlisaïda et Corozaïm, à cause de leurs résistances aux grâces qui leur étaient offertes. « Si tu comprenais ma générosité, » disais-je à Jérusalem. Si cognovisses quœ ad pacem tibi. (Luc. xii.) A Corozaïm, je disais : " J'ai cependant opéré
chez toi des merveilles qui auraient converti Tvr et Sidon. - (Matth. xi.) Et à Capharnaûm : ^ Je t'ai cependant élevée jusqu'au ciel en te choisissant pour mon séjom\ " (Luc. X.) Aussi mon Père est obligé de châtier sévèrement cette ingratitude. Non seulement l'âme infidèle demeure pauvre au milieu des dons divins qui lui sont offerts, mais elle est punie par Vinsensibiliié spirituelle. Elle s'endurcit. Rien ne peut plus ni l'émouvoir ni l'attendrir. A force de fermer l'oreille à la voix de l'Esprit- Saint, on finit par ne plus l'entendre. La délicatesse de l'àme s'émousse par ses résistances. Il faudrait un miracle de grâce pom^ sauver une telle âme.
Un châtiment plus terrible encore est la soustraction des grâces. Après avoir frappé longtemps à la porte d'un cœur pom* en obtenir l'entrée, je me retire. Je mets fin à des sollicitations inutiles. Vous lisez dans Jérémie l'abandon de Babvlone : Curavitnus Bahylonem et non est sanatUy derelinquamus eam. (Jer. 51, 9.) Dans la parabole des talents, j'ai indiqué que le serviteur paresseux serait dépouillé au profit du serviteur diligent. Rappelez-vous aussi les
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exemples terribles de Saûl dont la famille a été privée du trône; de David pi-ivé de l'honneur d'élever le temple; de Salomon dont le ro3'aume a été divisé ; du misérable Judas remplacé au collège apostolique par saint Matliias; du peuple juif qui a perdu le titre de peuple de Dieu. (Matth. xxi). Je menaçais l'évèque d'Ephèse de lui retirer toutes grâces : Movcho candelahriim tuuin de loco avo. (Apoc. 2.)
Soyez donc fidèle pour ne pas blesser mon Cœur. Craignez d'irriter la justice de mon Père par votre ingratitude. Réparez les abus passés par le bon usage des grâces présentes.
AFFHCTIONS KT UKSOLLTION?.
Combien vous avez été généreux et magnifique envers moi, ô mon Sauveur ! Que de grâces reçues, et souvent des grâces peu communes ! vocation, lumières spéciales, avertissements !
Combien j'ai été ingrat envers votre Cœur si bon et indocile envers rEs])rit- Saint! Que de fois j'ai fermé l'oreille à votre voix! Vous avez fi-appé à la porte de
mon c(eui' et j'ai refusé de vous ouvrir. J'en suis humilié et attristé. Pardonnez-moi. Je serai désormais attentif aux inspirations de l'Esprit-Saint. — Je m'examinerai sur ce sujet pour m'en humilier et me corriger.
BOUQL'KT SPIRITUEL.
— Vocavi et renuistis . . . despexistis omne consilium meum et increpationes meas neglexistis. (Prov. i, 24.)
— Videns civitaiem, flevit super illam.
(Luc. XII.)
— Iii propria venit et sui euin non receperunt. (Joan. 1.)
— Je vous ai appelé et vous n'avez pas répondu... Vous avez méprisé mes conseils et négligé mes reproches. (Prov. 1, 24.)
— Et regardant Jérusalem, il pleura.
(Luc. XII.)
— Il est venu et les siens ne l'ont pas reru. (S. Jean, 1.)
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19e illfîiitûlion.