III. Application personnelle
Faites-vous l'application de cette parebole. Les motifs qui inspirèrent à l'Enfant prodigue une si prompte et si ferme résolution, ne sont-ils pas assez touchants poui' vous persuader? La vue de sa misère?... Et n'est-ce pas ce que vous éprouvez? Votre cœm* s'est desséché, et tout l'esprit de retraite, d'oraison, de mortification, de piété, s'est amoindri sinon éteint en vous. Où est ce recueillement, cette modestie, cette vigilance, cette conscience timorée que vous avez eue dans vos meillem*s moments ? Combien de mercenaires, c'est-à-dire
combien de chrétiens du siècle s'élèvent à Dieu, goûtent Dieu, jouissent des consolations célestes, pendant que vous mourez de faim au pied des autels? Le souvenir des bontés de son père couvrit le prodigue de confusion. Serez- vous insensible au souvenir de mes bienfaits?
Que ferez-vous maintenant? Vous vous convertirez et vous aurez confiance. Vous vous humilierez. Vous viendrez à moi en pleurant vos péchés. Vous demanderez à les expier. Votre confiance ne sera pas trompée. Je viendrai à vous; je vous pardonnerai. Je me relâcherai infiniment de la satisfaction qui m'est due. Je vous seconderai par des grâces nouvelles pour vous relever et vous conserver. Il ne tiendra qu'à vous de tout retrouver et d'avancer dans la perfection.
Venez, mon Cœur vous est ouvert.
AFFECTIONS ET KÉSOLUTIONS.
Seigneur, que votre Cœur est tendre et généreux ! C'est le cœur d'un père. C'est le cœur d'une mère. Comment pourrais-je encore hésiter? Je viens donc à vous.
humilié, confus, mais confiant. Je me confesserai. J'offrirai mes actions et mes souffrances pour obtenir mon pardon, mais aussi pour que votre divin Cœur en dispose en faveur des pécheurs qu'il choisira, parce que je veux aider votre miséricorde et procurer à d'autres la même grâce de revenir à vous.
— Surgara et ibo ad patrem. (Luc. xv.)
— Pater, peccavi in cœlum et coram te. (Ibid.)
— Cito, proferie siolam primam. (Ibid.)
— Con/ide, /ili, remittuntur tihi peccata tua. (Matth. ix.)
— Je me lèverai et j'irai à mon Père. (Luc. XV.)
— Mon Père, j'ai péché contre le ciel et contre vous. (Ibid.)
— Vite, apportez un vêtement d'honneur»
(Ibid.)
— Aie confiance, mon fils, tes péchés te sont remis. (Matth. ix.)
,'1*2 LA RETRAITK DU SACRÊ-CŒUll.
2îe iUcîJitation.