DES DOULEURS EXTÉRIEURES DE JÉSUS-CHRIST DANS SA PASSION
Ipse autem vulneratus est propter iniquitates noslras, attntus est propter scelera nostra. . '
Il a été couvert de blessures pour nos péchés, et c'est pour nos crimes qu'il a été brisé de coups. Isaïe, chap. 53.
PREMIER POINT
Outre que l'âme de Jésus-Christ devoit servir à l'expiation de nos péchés, et par ses peines intérieures, satisfaire à la justice divine, Dieu, qui lui avoit donné un corps capable de souffrir, vouloit encore que ce sacré corps fût livré aux plus cruels tourmens. C'est pour cela que le Sauveur des hommes endura une si rigoureuse passion, et qu'après avoir répandu tout son sang, il expira enfin sur la croix. Leçon bien sensible pour moi et admirable modèle d'une des vertus les plus propres du christianisme, et surtout de la profession religieuse, qui est la mortification des sens.
Ce que j'ai premièrement à considérer, c'est ce que mon Sauveur a souffert; et, pour m'en former quelque idée, il me suffit de prendre le crucifix, d'attacher mes regards sur ce corps adorable tout ensanglanté et tout couvert de plaies; de le contempler à loisir et d'entendre au fond de mon âme les paroles que