DU RÈGNE DE J.-C. DANS L'AME RELIG
ck' '.nçement du cœur, l'affranchissement de tous les soins de la vie, le témoignage d'une bonne conscience, i ix intérieure, les impressions secrètes de l'esprit de Dieu, qui se communique à l'âme religieuse, et qui la remplit d'une joie toute céleste, cela seul vaut mieux que tout ce que nous y aurions pu posséder.
J'en puis bien juger par moi-même. Quelque imparfait que je sois, il y a eu de temps en temps des jours de grâce et de ferveur, où, plus fidèle à mes devoirs et à toutes mes observances, je vivois plus régulièrement, et j'accomplissois avec plus de zèle et plus d'ardeur les obligations de mon état. Or, n'étois-je pas alors beaucoup plus content? Trouvois-je le joug de -Chrisf trop fatigant pour moi, et ne sentois-je au contraire à le porter une certaine douceur, qui •ne dédommageoit pleinement des violences qu'il falloit ne faire ? Je m'estimois heureux, et je l'étois en effet : nais quand ai-je cessé de l'être? c'est lorsque je me mis relâché, et que, me laissant entraîner par ma oiblesse naturelle, je me suis en quelque sorte soustrait la conduite et à l'empire du maître qui me gouverîoit. Mes passions se sont réveillées, mes inclinations mt pris le dessus, je les ai suivies; et n'ai-je pas mille ois éprouvé qu'il m'eût été sans comparaison plus loux et plus avantageux de suivre constamment les oies de mon Sauveur, et de ne m'écarter jamais de sainte règle qu'il m'a prescrite et des exemples îu'il m'a donnés?
Si donc je veux retrouver ce centuple ou ce boneur de la vie présente, que j'ai perdu tant de fois ar ma faute, je dois le chercher auprès de Jésus- Ihrist : c'est-à-dire que je dois tout de nouveau me évouer à Jésus-1 ihrist ; que je lui dois soumettre
toutes mes puissances, toutes mes vues, toutes mes œuvres ; en sorte qu'il soit comme l'âme de mon âme, et que je ne vive plus que par lui et qu'en lui : vie d'autant plus précieuse que c'est le gage certain d'une autre vie et d'un autre centuple qui en doi être l'éternelle récompense ; car si Jésus- Christ m'appelle à sa suite, et s'il veut que je le fasse des à présent régner dans mon cœur, c'est afin de me faire un jour régner avec lui et de me rendre participant de sa gloire. Les rois de la terre élèvent leurs favoris, et récompensent la fidélité de leurs sujets, mais non pas jusqu'à leur faire part de leur royaume Ce n'est qu'en servant ce Seigneur des seigneurs et ce Roi du Ciel, qu'on obtient une couronne, et une couronne d'immortalité. Quand je n'auro.s rien à espérer de lui en ce monde, ne seroit-ce pas assez de cette couronne immortelle pour payer abondamment tous mes services?
CONCLUSION
Venez, Seigneur, venez prendre possession d'une âme qui vous appartient par tant de titres, et qui voue est encore plus acquise que jamais par le don, au'elîe vous fait d'elle-même. Rentrez dans un cœur | où vous devez seul régner, et bannissez-en tout ce qui m'éloignoit de vous, et qui vous éloignent de moi. < Vous êtes un Dieu jaloux ; vous ne voulez point de partage, et vous m'avez déclaré dans votre Evangile, Le je ne ponvois être à deux maîtres : quel autre puis- • je choisir que vous, et à quel autre ne dois-je pas renoncer pour vous ?
Ainsi l'ai-je voulu, Seigneur, lorsque je me suis retiré dans votre sainte maison, qui est proprement