DE LA CHARITÉ DE JÉSUS-CDRIST, ETC
envisage, Seigneur, comme mon modèle, j'ai bien à me confondre du peu de ressemblance qui se trouve entre vous et moi. Mais ce qui redouble ma confusion et ce qui doit y mettre le comble, c'est que je sois si froid et si lent aux exercices de la charité, quand vous voulez bien accepter tout ce qu'elle me fait faire, comme étant fait à vous-même ; quand vous ne dédaignez pas d'en être le motif, que vous m'en savez gré! et que vous m'en faites un mérite auprès de vous. Eh , mon Dieu, si je vous aime, comment puis-je ne pas aimer ceux que vous avez substitués en votre place? Or, ne sont-ce pas mes frères, et n'est-ce pas vousmême que j'aime dans eux ? N'est-ce pas à vous-même que je rends dans eux tous les bons offices que la charité m'inspire ? ^ue me faut-il autre chose pour m'engager ? Un cœur est bien peu sensible pour vous, Seigneur, si cette seule considération ne lui suffit pas.